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Les Fadas Bucoliques : une utopie ou un modèle ?
Rob Hopkins est de passage à Marseille. Il donnait hier soir une conférence au Toursky. Aujourd’hui le “pape” du mouvement international des villes en transition effectue, entre autres, une visite au 108 traverse Prat, dans le 8e arrondissement. Un jardin partagé de 2 000 m2 lancé il y a quatre ans par les habitants de deux copropriétés sur une partie d’un vaste terrain vague au pied de leurs immeubles. Une réussite environnementale mais aussi et même surtout… humaine !
J’étais venu ici il y a trois ans, l’expérience commençait à peine. L’un de mes partenaires de course à pied voulait faire découvrir au groupe ce jardin en construction sur lequel il passait la majeure partie de son temps libre avec d’autres habitants du quartier. Le potager par lui-même ne m’avait pas particulièrement intéressé. En
revanche, les grandes tables de bois brut sous des muriers centenaires magnifiques, les transats disposés ici et là donnait au lieu situé sous les barres d’immeubles un côté apaisant. Des copropriétaires étaient passés. Des discussions s’étaient engagées sur tout et rien. Un côté place de village, incongru à Marseille, même si la ville se targue d’être constituée de 111 quartiers et donc, dans l’imaginaire collectif, d’autant de noyaux villageois. Ce qui bien-sûr est faux ; à Marseille comme dans toutes les grandes métropoles françaises, la convivialité a depuis longtemps disparu. Il y a 15 jours, Aziz Mbathie, mon camarade coureur, m’a rappelé. Le jardin des « Fadas bucoliques » allait recevoir la visite de Rob Hopkins. L’évènement méritait selon lui un reportage. Je n’ai pas osé lui dire que ce nom ne me disait rien et accepté un rendez-vous en amont de cette visite.
Cohabitation entre le terrain vague et le potager !
Sur la friche d’environ un hectare, le potager dispatché sur quatre enclos protégés par des canisses « à cause des sangliers qui viennent des calanques » occupe le quart du terrain. « Nous cohabitons avec les adolescents du quartier qui avaient fait de ce lieu une piste pour vélos de cross », explique Anne Masson, une des porte-paroles de l’association qui gère le site. « Il a fallu négocier pour être accepté et éviter des conflits permanents. Résultat, les jeunes surveillent désormais le jardin et ils donnent des coups de main ». Autre coin non cultivé, un espace de jeux pour les petits. Là encore des bancs pour les mamans qui surveillent. L’air de rien, le terrain vague est devenu un lieu hybride dans lequel plusieurs populations et générations se retrouvent. « La réappropriation de l’espace comme ça, c’est l’avenir », explique Yohan du groupe local des Colibris. « Ça crée un îlot de fraîcheur dans un monde urbain sur-bétonné. Ça crée aussi de la joie, du bien-être et du partage ». Cette association nationale mais qui a essaimé à Marseille avec un groupe d’experts identifiés apporte aide et conseils pour les projets alternatifs, et suit de près cette expérience lancée par des personnes dont finalement le seul point commun était d’habiter des immeubles bordés par une friche. « On a tout appris parce qu’on ne comprenait rien à la permaculture », raconte Anne Masson.
Un modèle communautaire

Un monde de Bisounours ?

— Le Fonds Épicurien, parrain de la rubrique « Alimentation durable », vous offre la lecture de l’article dans son intégralité, mais n’a en rien influencé le choix ou le traitement de ce sujet. En espérant que cela vous donnera envie de vous abonner et soutenir l’engagement de Marcelle – le Média de Solutions —
Bonus
- Rob Hopkins, né à Londres en 1968 est enseignant en permaculture. Il a créé en 2005 le modèle de Transition avec ses étudiants de la ville de Kinsale, en Irlande. Il y a plus de 2 000 initiatives de villes en Transition dans le monde, dont 150 en France, réunies au sein du réseau International de la Transition. À l’occasion de la sortie de son dernier livre, Rob Hopkins incite les citoyens du territoire à prendre conscience des profondes conséquences que vont avoir sur nos vies la convergence du pic du pétrole et du changement climatique. Il s’agit de mettre en place des solutions fondées sur une vision positive de l’avenir.
- Les Colibris est un mouvement citoyen fait d’individus qui inventent, expérimentent et coopèrent concrètement, pour bâtir des modèles de vie en commun, respectueux de la nature et de l’être humain. Il existe une antenne à Marseille.
- À relire, la tribune philosophique de Marc Rosmini sur les vertus des jardins partagés.