ÉconomieSanté
Une jeune pousse marseillaise future leader de l’hygiène hospitalière ?
Par Hervé Vaudoit, journaliste
Spécialisée dans les outils de désinfection et le suivi des procédures de lutte contre les maladies nosocomiales, la start-up MediHandTrace ouvre son capital pour pouvoir s’attaquer à un énorme marché au niveau mondial. Joli pari !
Créée en 2015 à l’IHU Méditerranée Infection, MediHandTrace vient d’ouvrir son capital en lançant une opération de crowdfunding via la plateforme Ayomi. Objectif : lever environ 150 000 euros pour financer la montée en puissance de l’entreprise, dont le marché est en plein développement. Avec pas plus de 4 collaborateurs, elle a notamment besoin de recruter une force de vente pour aller proposer ses solutions dans tous les établissements de soins, en France et à l’étranger. Partout, la problématique des infections nosocomiales, ces maladies parfois mortelles contractées pendant un séjour à l’hôpital, est désormais prise très au sérieux par les autorités. Les chiffres varient selon les estimations, mais il est admis qu’entre 5 et 10% des patients qui entrent à l’hôpital pour s’y faire soigner attrapent une autre maladie, ce qui représenterait, en France, entre 700 et 800 000 cas chaque année, dont 4 à 5 000 mortels – et autant de contentieux possibles à gérer pour les hôpitaux, la justice et les autorités. Sans compter les drames familiaux que génèrent parfois ces morts évitables.
Focus sur l’hygiène des mains


Pour l’heure, MediHandTrace a déployé ses produits à l’IHU, où l’on ne traite que des patients infectés, les a vendus à plusieurs cliniques ainsi qu’à deux hôpitaux parisiens, mais aussi dans des établissements au Liban, en Arabie Saoudite et en Suède. Partenaire du groupe néerlandais Christeyns, spécialisé dans les dispositifs et solutions d’hygiène, la start-up marseillaise est confiante en ses atouts. « Un des avantages que nous avons sur nos concurrents, c’est que notre système peut être installé sur n’importe quel type de distributeur de solution hydro-alcoolique », détaille ainsi Philippe Brouqui. Avec Sha View et MHT kit, lui et ses associés espèrent doubler leur chiffre d’affaires chaque année, en passant à 500 000 euros dès 2019. C’est en tout cas l’ambition de cette ouverture de capital. H.V.
Bonus
- L’IHU (institut hospitalo-universitaire) Méditerranée : La Fondation Méditerranée Infection se présente comme un pôle majeur, stratégique et international de lutte contre les maladies infectieuses, première cause de mortalité dans le monde (17 millions de morts par an), notamment les trois tueurs mondiaux (le VIH, la tuberculose et le paludisme). Pour atteindre cet objectif, l’IHU se décline en trois secteurs d’activité :
-l’innovation de services cliniques spécialisés à la pointe de la technologie avec la réunification de trois services de maladies infectieuses à Marseille
-l’attraction des chercheurs les plus performants au niveau international pour développer la recherche sur les maladies infectieuses
-la transformation de ces connaissances en éléments utiles pour l’homme, qu’il s’agisse de produits diagnostics ou thérapeutiques, comme de partenariats industriels. Outre MediHandTrace, d’autres start-up très intéressantes grandissent là-bas, comme Biosqual, qui développe un antiseptique et anticancéreux à partir d’une substance contenue dans la peau de certaines espèces de requins… Très bientôt dans les colonnes de Marcelle !
Cette concentration d’objectifs et de moyens est abritée par un bâtiment intelligent de 27 000 m² basé sur le site de la Timone, regroupant le soin, la recherche, la surveillance et l’information sur les maladies infectieuses. Il a été inauguré en mars 2018.