Société

Par la rédaction, le 6 mars 2026

Entre 2020 et 2026, des municipalités ont innové #2

En 2026, le dispositif ‘’J’allume ma rue’’ est utilisé par une centaine communes © DR

[municipal’idées] Environnement, solidarité, aménagements, alimentation, mobilités… Petit tour d’horizon et retour sur des initiatives repérées par Marcelle puis ayant fait l’objet de reportages en Isère, en Provence, au Pays basque ou en Aveyron.

DES CAFÉS POUR FAIRE REVIVRE LES TERRITOIRES RURAUX 

1000 cafés pour faire revivre les territoires ruraux 2
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L’objectif de 1000 cafés est très clair : « relever le défi de la revitalisation des territoires ruraux », explique Sophie Le Gal, directrice de cette association du groupe SOS. En effet, 53% des communes de moins de 3 500 habitants ne disposent d’aucun commerce du quotidien (supérette, épicerie, boulangerie), de cafés ou de débit de boissons.

L’histoire démarre en septembre 2019 par un appel à candidatures aux élus municipaux. “On a été surpris de l’intérêt que ça a suscité, raconte Sophie. On a simplement demandé chers élus, est-ce que vous souhaitez et avez besoin d’un accompagnement pour un café ou un service en milieu rural ?

Au-delà de l’ouverture d’un simple café, l’idée est de recréer du lien social entre les habitants. Nicolas Sanchez est le gérant de l’Auberge de la Fontaine à Thodure, en Isère. Son café a ouvert ses portes en décembre 2021 et il est ravi : “On a eu un super accueil dans le village, super municipalité, super clients, super ambiance ! Il y a beaucoup de travail mais le village revit et les habitants sont trop heureux ! Ils me disent “on vous aime !”” Huit habitants d’une commune rurale sur dix souhaitent voir un café (r)ouvrir dans leur commune. ♦ Relire cet article. 

♦ Relire le premier volet de cette mini-série

LE VILLAGE D’ARVIEU, SPÉCIALISTE DU « FAIRE ENSEMBLE »

Le déclin démographique en zone rurale est souvent vécu comme une fatalité, malgré les tentatives répétées des pouvoirs publics pour endiguer ce fléau. L’agenda territorial 2030, feuille de route stratégique de l’Union européenne en matière de cohésion territoriale, a fait de la lutte contre ce phénomène un enjeu majeur.

Véritablement acculés, certains villages font néanmoins preuve d’une résilience insoupçonnée et représentent de formidables laboratoires d’expérimentations collectives. Arvieu, petite commune aveyronnaise de 800 âmes, en est un exemple probant. Ses habitants ont choisi de se mobiliser en adoptant un destin partagé. Leur mantra ? Se rassembler pour mieux créer.

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Point de départ : la menace du déclin démographique qui plane sur le village puisqu’entre 1926 et 2016 la population a été divisée par deux, passant de 1526 à 785 habitants. Et, plus inquiétant encore, le tissu commerçant et économique s’est progressivement délité. « Si la pompe à essence ferme, moins de personnes viennent faire les courses au village. Puis c’est l’épicerie adjacente qui met la clef sous la porte et une famille qui s’en va. C’est ensuite l’école qui est menacée et dans son sillage d’autres services publics. Les départs s’accumulent et la vie devient peu à peu insupportable à cause de l’isolement », dépeint Vincent Benoît, habitant et conseiller municipal de la commune depuis 2014.

C’est dans ce contexte que l’équipe municipale décide d’offrir gracieusement des locaux, situés en plein cœur du village, à trois jeunes ingénieurs fraîchement diplômés qui cherchent à créer leur entreprise à la campagne. La première graine est plantée : Laëtis, entreprise spécialisée dans le e-tourisme et le multimédia, voit le jour en 1998. En retour, cette start-up d’avant-garde met à disposition de la population arvieunoise sa connexion internet, afin de pallier l’absence de couverture ADSL sur le territoire. ♦ Découvrir la suite de cette renaissance en lisant l’article complet.

DANS LES QUARTIERS DE MARSEILLE, VILLAGE SANTÉ…

Face aux difficultés d’accès aux soins dans certains quartiers, principalement du nord de Marseille, la mairie y a déployé des « villages santé » éphémères. En plus de réaliser des dépistages et de dispenser des conseils, l’objectif est de sensibiliser les habitants sur l’importance d’une bonne santé. Dans l’espoir qu’ils se remettent dans un parcours de soins, en dépit des freins.

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La mairie compte renouveler l’expérience des « villages santé » dans le futur © Ville de Marseille

« À Marseille, selon les quartiers, l’espérance de vie varie de presque dix ans ». Ce constat n’est pas nouveau puisque déjà dressé en novembre 2021 par deux responsables de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille (AP-HM)* dans une tribune publiée sur Le Monde – le directeur général, François Crémieux, et le président de la commission médicale d’établissement, Jean-Luc Jouve. Les raisons en sont connues, notamment les difficultés d’accès aux soins et à la prévention, en raison particulièrement du manque d’offre, de leur isolement géographique et de transports en commun limités.

Pour pallier ce problème, la municipalité installe temporairement un “village santé” dans certains quartiers. Après Bougainville (3e arrondissement) à l’automne dernier et les Rosiers (14e) au printemps, le dernier en date s’est tenu à Air Bel (11e) les 19 et 20 juin. Une dizaine de tentes blanches ont ainsi pris possession du plateau multisports. Chacune occupée par une structure de soin ou de prévention. « L’idée est que les visiteurs passent par tous les stands pour réaliser un bilan complet de santé », explique l’adjointe au maire en charge de la santé publique, à l’inauguration de l’espace. ♦ Relire cet article 

…ET BUREAU MUNICIPAL AMBULANT

La Ville de Marseille a par ailleurs lancé sa « Mairie mobile », un bus itinérant à bord duquel il est possible de réaliser certaines démarches administratives. Les quartiers où il s’installe chaque jour de la semaine ne sont pas choisis au hasard. Tous font partie du 13e arrondissement, au nord, où un déficit en services publics a été identifié.

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Un petit bus à la rencontre des administrés © Agathe Perrier

Le renouvellement des papiers d’identité figure parmi les démarches administratives que les Français aiment le moins. Et même moins que moins lorsque des obstacles se dressent devant eux, comme l’éloignement géographique d’une permanence municipale. Cette situation concerne nombre des quelque 92 000 habitants du 13e arrondissement de Marseille, pourtant le plus peuplé de la ville. Il n’y est possible d’effectuer ce type de démarches que dans un seul bureau municipal de proximité, à Saint-Jérôme. C’est « une zone blanche en services publics », reconnaît l’adjointe au maire en charge notamment de l’état civil. « C’est pourquoi on a créé la “Mairie mobile”, un dispositif itinérant qui vient en complément de l’offre de bureaux ». Concrètement, chaque semaine depuis mai 2024, un petit bus se gare successivement dans cinq quartiers du nord-est de la cité phocéenne (Malpassé, Frais-Vallon, les Olives/la Marie, la Rose, Saint-Just).

Si les créations ou renouvellements de titres d’identité sont les démarches les plus demandées, ce ne sont pas les seules. Toutes celles dépendant de la Ville y sont réalisables : duplicata et mise à jour du livret de famille, préinscription scolaire, à la cantine, aux activités périscolaires, inscription et changement d’adresse pour les listes électorales, etc. Les dossiers sont remplis dans le bus, puis transmis par serveur, comme dans n’importe quel bureau municipal de proximité. ♦ Relire cet article 

DOSER L’ÉCLAIRAGE PUBLIC AVEC LE DISPOSITIF “J’ALLUME MA RUE”

Le dispositif ‘’J’allume ma rue’’ permet aux communes de couper l’éclairage public une partie de la nuit, tout en laissant la possibilité aux habitants de le rallumer selon leurs besoins. Les enjeux ? Réaliser des économies d’énergie, protéger la faune nocturne et atténuer la pollution lumineuse. 

La commune la plus vaste du Pays basque (50 km2, 11 000 habitants), Urrugne, a été conquise dès le départ par cette innovation française. Pour sa simplicité et sa rapidité d’installation pour les techniciens, mais aussi les utilisateurs. L’outil se résume en effet à un boîtier connecté dans les armoires de commande de l’éclairage public. « Une armoire contrôle en moyenne quinze points lumineux », précise Olivier Bozzetto, ingénieur électro-informaticien et créateur de cette prouesse technique. De son côté, en cliquant sur l’ampoule qui s’affiche sur son smartphone, l’usager agit indirectement sur l’éclairage.

Les communes peuvent adapter cette innovation à leur convenance. Certaines effectuent, par exemple, la coupure de 23 heures à 5 heures et laissent la lumière allumée uniquement six minutes. D’autres coupent dès 23 heures dans les quartiers résidentiels, mais à minuit dans le centre-ville. Elles peuvent également procéder à des exceptions. Par exemple, à Urrugne, pour un restaurateur qui en a fait la demande, l’éclairage public brille jusqu’à minuit dans sa zone. Ce dispositif est également intéressant pour les parkings, terrains de sport, aires de jeux, résidences privées. Sauf les endroits « où ça vit, comme le centre de Paris ».

« En 2026, plus 500 communes qui utilisent nos produits et une centaine spécifiquement “J’allume ma rue”. Avec les élections municipales, nous avons des centaines de listes qui mettent JMR à la liste des projets s’ils sont élus ! On sent un très gros engouement ! », informe Olivier Bozzetto ♦ Relire cet article.