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L’Auberge marseillaise, refuge pour les femmes fragilisées par la vie et leurs enfants
Prostitution, sans-abrisme, toxicomanie ou violences conjugales : autant de réalités qu’ont connues les résidentes de l’Auberge marseillaise. Ce centre, qui accueille à ce jour 72 personnes (femmes et enfants), combine mise à l’abri, accompagnement vers l’insertion et accès au logement. Impulsé en 2021 par un collectif pluridisciplinaire de huit associations et de la Ville de Marseille dans un quartier privilégié du 8e, ce projet se distingue par son modèle audacieux : occupation temporaire d’un bâtiment public, gestion partagée et ouverture sur le quartier, notamment à travers la Cantine du midi. Une approche qui fait des émules ailleurs.
Céline a le sourire lumineux lorsqu’elle évoque l’Auberge marseillaise, où elle s’est posée pendant deux ans. Puis soudain, son visage s’assombrit. Avant d’être hébergée dans cette « grande famille », elle a connu la rue. La peur, le froid. La nuit tombée, le matelas tiré à la va-vite dans les halls d’immeuble, avec son fils de dix ans. L’envie de disparaître. Par chance, une femme de l’association Des Étoiles et des Femmes, avec qui elle passe alors son CAP Cuisine, lui trouve une solution dans un hôtel social. Puis à l’Auberge Marseillaise.
Céline se souvient du premier rendez-vous. L’accueil bienveillant, la visite des chambres où chaque femme possède son frigo, la salle commune où elles peuvent partager le repas, le potager en contrebas. Et la joyeuse bande d’enfants qui remplit le lieu de rires et d’énergie. « J’ai tout de suite senti que j’étais chez moi et que l’endroit était idéal pour mon fils. Il est habituellement fermé, mais ce jour-là, il s’est envolé, comme un petit oiseau libéré de sa cage ».
Une ancienne auberge de jeunesse

Autrefois, cette bâtisse au fond d’une impasse était une auberge de jeunesse classique : chambres en enfilade, sanitaires séparés et réfectoire. À cause de la crise sanitaire, elle a fermé ses portes en 2020… pour les rouvrir un an plus tard, mais cette fois-ci en faveur des femmes en situation de vulnérabilité.
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