Le label Clef verte encourage le tourisme durable
Face à l’urgence climatique, le secteur du tourisme est appelé à repenser son fonctionnement. Le label Clef Verte distingue ainsi les hébergements et restaurants engagés dans une démarche environnementale exigeante. En 2026, 3035 établissements français ont décroché la distinction, soit 25% de plus qu’en 2025. Une dynamique qui répond aux attentes des clients : en 2023, 77% des voyageurs français déclaraient vouloir faire des choix durables.
En tapant « Grenoble » dans la barre de recherche du site internet Clef Verte, le navigateur affiche des centaines d’établissements labellisés. Des hôtels, campings, chambres d’hôtes, auberges de jeunesse et restaurants qui revendiquent leur engagement environnemental. Dans cette offre abondante, on trouve le restaurant Chez le Per’Gras, celui surplombant la ville depuis le massif de la Chartreuse. Une institution locale qui évolue de façon à réduire son impact environnemental.
Panneaux photovoltaïques, récupération de l’eau de pluie pour l’arrosage, abandon du chauffage à gaz au profit de pompes à chaleur, utilisation de produits d’entretien écolabellisés… Autant d’initiatives qui lui ont permis d’obtenir le label Clef Verte.
« La démarche a commencé pendant le Covid. On faisait déjà beaucoup de choses sans forcément les mettre en avant. Le label nous a permis de communiquer sur notre façon de travailler », présente Laurent Gras, propriétaire des lieux. À première vue, installer un mousseur sur un robinet ou choisir des produits de nettoyage peut sembler anecdotique. Pourtant, c’est ce type de détails qui compte dans le processus de labellisation. <!–more–>
Un label né au Danemark

Dans ce souci général de réduction de l’impact environnemental dans le milieu du tourisme, le label Clef Verte voit le jour au Danemark en 1994. Présent dans 90 pays, Clef Verte distingue plus de 8000 établissements à travers le monde. « L’objectif est de transformer les pratiques des hébergements touristiques pour que leurs activités polluent moins et soient plus protectrices de la biodiversité », résume Nathalie Bel Baussant.
« Il est arrivé en France en 1998, et nous étions le premier pays à reprendre cette initiative », explique Nathalie Bel Baussant, directrice du pôle tourisme durable chez Teragir, l’association d’éducation au développement durable et pilote de Clef Verte dans l’Hexagone. Premiers concernés ? À l’époque, ce sont d’abord les campings. « C’était le plus simple, parce qu’ils étaient déjà engagés sur ces questions et sur une forme de tourisme réfléchi », poursuit-elle.
Depuis, le mouvement a pris de l’ampleur. En 2026, 3035 établissements touristiques français arborent le label Clef Vert, soit 25% de plus qu’en 2025. Avec 419 établissements, Auvergne-Rhône-Alpes figure parmi les régions les plus engagées du pays. Un gage de l’engagement éco-responsable de ces hôtels, auberges de jeunesse, chambres d’hôte et restaurants de cette région.
Plus de 100 critères pour décrocher cette distinction

Le Graal ne tombe pas du ciel. Selon le type d’établissement, entre 100 et 120 critères sont examinés. Dont une cinquantaine obligatoires pour obtenir le label. Les autres servent de leviers d’amélioration pour les années suivantes. Quand, par exemple, gestion responsable de l’eau et de l’énergie, tri des déchets, achats raisonnés, approvisionnement local ou sensibilisation de la clientèle restent à mettre en place.
« Tous ces petits ajustements ont un coût, mais c’est un engagement. On fait l’effort pour que notre action soit la plus vertueuse possible », commente le restaurateur Laurent Gras. « Avec le label, on cherche à agir sur une multitude de petits leviers plutôt que de se contenter de grandes promesses », relance Nathalie Bel Baussant.
« Faire rimer aspects sociaux et environnementaux »

Ce qui a convaincu la gérante de l’auberge de jeunesse HI Grenoble, c’est encore un autre aspect : « Nous sommes labellisés depuis 2022. On en est fiers parce que ça fait rimer l’aspect social avec l’aspect environnemental. Nous voulons offrir un environnement accessible à toutes les bourses, et sain ! », commente-t-elle. Avec une cuisine préparée sur place, un contrôle sanitaire régulier, une gestion rigoureuse des déchets, l’établissement a progressivement intégré les exigences de Clef Verte dans son fonctionnement quotidien.
Car le processus est rigoureux : les établissements doivent remplir un dossier détaillé, accueillir un audit (pour un coût total de 160 à 1700 euros) et présenter une candidature devant un jury composé d’experts du tourisme et de l’environnement. En 2026, 86% des nouveaux candidats ont obtenu le label. Et 94% des établissements déjà labellisés ont pu renouveler l’aventure.
Chez le Per’Gras, Clef Verte a surtout permis de structurer des pratiques déjà existantes. « Ça renforce notre démarche de Maître Restaurateur, continue Laurent Gras. Nous travaillons déjà avec des produits bruts, du fait maison et des circuits courts. Je voulais aller jusqu’au bout avec un label environnemental. »

Des clients avertis et acquis à la cause
Avec le macaron Clef Verte exposé bien en vue à l’entrée des établissements, le message est clair : « Nous sommes dans une démarche d’éco-responsabilité qui correspond complètement aux valeurs historiques des auberges de jeunesse. On nous dit souvent que ça a été un argument en faveur du choix de réservation », explique la gérante de HI Grenoble. Le label constitue un repère, un gain de qualité et d’engagement pour certains voyageurs.
En 2023, une étude menée par Booking.com concluait de 77% des Français interrogés déclaraient « vouloir voyager de manière plus durable au cours des douze prochains mois », et 59% des voyageurs pensaient qu’il n’y avait pas assez d’options en matière de voyage durable. Selon Teragir, les politiques de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) poussent désormais ces dernières à choisir des établissements labellisés pour leurs séminaires et déplacements professionnels. Et de l’autre côté du comptoir, « les salariés sont fiers, ils ont le sentiment que leur travail a du sens », assure la directrice du pôle tourisme durable.
De leur côté, les plateformes de réservation en ligne rendent visibles les établissements engagés dans une démarche vertueuse. Une situation qui profite à tous, même à l’environnement ! ♦
Bonus
# Des labels en veux-tu, en voilà ! Que vous planifiez une escapade écologique en pleine nature, une immersion culturelle respectueuse ou une aventure écotouristique, comprendre les certifications du tourisme durable est essentiel.
Ces labels, répartis à travers le globe, s’alignent sur divers critères allant de la conservation écologique à l’inclusion sociale, marquant des engagements forts pour un avenir plus vert.
Voici un aperçu des labels clés dans l’univers du tourisme durable, vous garantissant une expérience de voyage enrichissante et toujours plus respectueuse de l’environnement. ATR, Ecocert, Chouette Label, par ici le décryptage !