Au fait !

Par Agathe Perrier, le 3 octobre 2026

Journaliste

Au Passage des Entrepreneuses, les femmes osent !

© Adie, DR

[au fait] Créé il y a deux ans à Aix-en-Provence, ce lieu ressource pour les femmes désireuses de se lancer dans l’entrepreneuriat leur offre aide au financement, accompagnement et lieu de vie. L’Adie, l’association qui le porte, espère en ouvrir d’autres partout en France.

De plus en plus de femmes se lancent dans l’entrepreneuriat en France. Elles seraient trois sur dix, selon une récente enquête de Bpifrance Le Lab portant sur 2025, contre deux sur dix en 2018 (lire bonus). C’est mieux, mais toujours moins comparé aux quatre hommes sur dix. « Ce ne sont pas les idées qui manquent pour les femmes, mais l’environnement qui ne convient pas », souligne Sara Delthil, conseillère au sein de l’Adie. Un constat qui a poussé cette association, qui lutte depuis trois décennies en faveur du droit à l’initiative économique (bonus), à ouvrir le « Passage des Entrepreneuses ».

Accompagner au plus près

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Au Passage des Entrepreneuses, l’accompagnement prend la forme d’ateliers sur des thématiques en lien avec les besoins des adhérentes © Adie, DR

Basé à Aix-en-Provence, dans les Bouches-du-Rhône, le lieu est « pensé par et pour les femmes ». Objectif : les épauler tout au long de leur parcours entrepreneurial et pas seulement lors de la recherche de financement.

Cet accompagnement prend la forme d’ateliers sur des thématiques en lien avec les besoins des entrepreneuses. L’une d’elles doit bientôt pitcher son projet en public ? Une session est organisée pour lui apprendre à se vendre. « Il y a aussi des ateliers sur des sujets plus généralistes mais primordiaux dans l’entrepreneuriat, comme chiffrer ses prestations ou développer sa clientèle », illustre Sara Delthil, également responsable de la structure.

Quatre à cinq ateliers figurent chaque mois au programme. Si certains sont animés par des bénévoles – toute nouvelle force vive est d’ailleurs bienvenue (bonus) –, d’autres le sont par les entrepreneuses elles-mêmes, selon leurs compétences et leurs projets. « Ça leur permet de tester leur idée sur un public autre que leurs proches », sourit la conseillère. Mais aussi de se rassurer et de se sentir légitime, le manque de confiance étant souvent omniprésent chez les entrepreneuses.

♦ Lire aussi l’article « La femme des années 2020’s n’a pas peur d’entreprendre ! »

Lieu de vie

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Plus de 70 porteuses de projet ont déjà fait une halte au Passage des Entrepreneuses © Adie, DR

Ce que les adhérentes apprécient également au Passage, voire surtout, c’est de sortir de leur isolement. Beaucoup travaillent seules et qui plus est, depuis chez elles. Elles se retrouvent une fois par mois autour d’un petit-déjeuner ou d’un déjeuner, véritable bouffée d’air où partager ses doutes, ses galères mais aussi ses progressions et ses victoires.

Celles qui le souhaitent peuvent même devenir « résidentes » et profiter de l’une des dix places de l’espace de coworking. Une formule qui comprend la possibilité de réserver un bureau privé ou une salle, pour organiser un rendez-vous ou un petit événement, par exemple.

L’ensemble de ces services est accessible « à prix solidaire », indique Sara Delthil. La responsable invite les intéressées à se rapprocher de l’Adie pour en discuter plus concrètement. « On ne s’intéresse pas seulement aux projets, mais aux personnes qu’il y a derrière. L’humain est central au sein du Passage », appuie-t-elle.

♦ Lire aussi l’article « Avec Les Déterminés, l’entrepreneuriat par tous et pour tous »

Des antennes dans les cartons

Près de deux ans après son ouverture, plus de 70 porteuses de projet ont fait une halte au Passage des Entrepreneuses. La grande majorité (55) y est d’ailleurs toujours inscrite. « Elles peuvent rester tant qu’elles ont besoin. Il n’y a pas de limite au renouvellement de l’adhésion (ndlr : qui est de six mois) pour le moment », précise la conseillère.

L’Adie ambitionne d’essaimer son concept dans d’autres de ses 194 agences de France. « Quand on voit l’ampleur que ça prend ici et, surtout, ce que ça apporte aux femmes ! Certaines sont arrivées timides et ont évolué au point de proposer désormais des ateliers », expose Sara Delthil. L’aventure ne fait que commencer. ♦

Bonus

# Avis aux bénévoles ! Si vous avez une expérience ou un savoir-faire à partager, ou simplement l’envie de donner un coup de pouce, le Passage des Entrepreneuses recherche des forces vives. Les missions sont diverses : aider à la gestion du lieu et des plannings, à l’animation de l’espace et des ateliers, à l’identification de formations complémentaires à proposer aux entrepreneuses… (infos en cliquant ici). Plus globalement, l’Adie recherche des bénévoles dans toutes ses agences de France (infos à retrouver ici).

# L’Adie, 37 ans de lutte pour démocratiser l’accès à la création d’entreprise – Depuis son lancement en 1989, cette association nationale s’applique à rendre l’entrepreneuriat accessible à tous en démocratisant le micro-crédit. Et particulièrement à celles et ceux qui en sont éloignés, faute de financement, de conseils et/ou de réseau (femmes, jeunes, demandeurs d’emploi, personnes immigrées, habitants des quartiers populaires et des zones rurales…).À ce jour, près de 300 000 créateurs et créatrices d’entreprise ont profité de ses financements. Ce qui représente un total de 1,6 milliard d’euros prêtés.

# Encore du boulot pour atteindre la parité dans la création d’entreprise – D’après le Baromètre 2026 de l’entrepreneuriat des femmes. 39% des créations d’entreprises sont en effet portées par des femmes. Une part en progression, de +2% en moyenne chaque année entre 2021 et 2024. Si cette hausse est positive, reste que 61% des créations d’entreprises sont donc portées par des hommes. Une différence encore (trop) de taille.