Les Embiez, une île pilote pour réapprendre à préserver la mer
Aux Embiez, les vacances côtoient la recherche. L’île varoise – qui est privée – accueille plus de 200 000 visiteurs par an et abrite l’Institut océanographique Paul Ricard. Des herbiers restaurés aux aliments testés pour les poissons d’élevage, les scientifiques y cherchent comment préserver la vie marine. Et font comprendre, notamment aux nombreux élèves qui le visitent, ce qui rend possible le retour des poissons.
On vient aux Embiez pour les criques, les pins, une journée ou un séjour au bord de l’eau dans un lieu préservé. Mais les 95 hectares de l’île permettent aussi à ceux qui le souhaitent de comprendre comment mettre en place les conditions nécessaires à la préservation des écosystèmes marins. Régénérer la ressource halieutique, ces poissons et autres organismes que l’on pêche pour se nourrir, suppose par exemple de s’intéresser à tout ce qui leur permet de grandir. Les quelque 1 500 élèves accompagnés chaque année par l’équipe de médiation de l’Institut constituent un public privilégié pour cette transmission. Car, à travers cette sensibilisation, on sait que par capillarité toutes les générations peuvent « prendre conscience qu’il y a des solutions et que chacun peut contribuer ».

La démonstration commence parfois au port. Patricia Ricard, présidente de l’Institut, raconte comment les plaisanciers ont été sensibilisés à la présence des organismes vivant sous leur coque. Mais la pédagogie ne remplace pas les équipements : « Demander de ne pas vider ses toilettes dans le port ne suffit pas, il faut aussi proposer des sanitaires à terre, souligne-t-elle. C’est cette cohérence que nous recherchons : permettre les activités en limitant leurs impacts sur le vivant. »
Rendre aux poissons leurs abris
Robert Bunet, directeur de la recherche et plongeur scientifique, passe des observations sous l’eau au laboratoire, puis au partage des connaissances avec les écoles et les gestionnaires du littoral. Attenante à l’île, la lagune du Brusc est un terrain d’expérimentation grandeur nature. Dans cette zone classée Natura 2000, les chercheurs travaillent notamment à restaurer des herbiers de cymodocées, plantes marines cousines des posidonies. Leur disparition prive les jeunes poissons d’un habitat essentiel. « Les herbiers, on sait que ce sont des nurseries pour les poissons », explique Robert Bunet. Réimplanter ces plantes vise à rendre aux petits fonds leur fonction d’accueil.
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