CultureSolidarité

Par Olivier Martocq, le 28 octobre 2026

Journaliste

Il reste encore demain…

© Stéphane Chassignole

Une chapelle, 36 artistes et une question : qu’est-ce qu’accueillir ? À Marseille, « L’Étreinte des lieux » fait entrer l’art Chez Marthe, où vivent des femmes et des enfants auparavant à la rue. Le public a suivi, des œuvres se sont vendues au profit de l’association. Dernières visites possibles ces jeudi et vendredi.

L’idée a germé au jardin de ce lieu qui accueille des femmes et enfants en difficulté, des associations, des espaces de travail et une cantine solidaire… Venue prêter main-forte aux bénévoles de Chez Marthe, Sandrine Kiefer y entend une résidente parler de « son » banc : une femme hébergée se sent chez elle. De cette rencontre est née cette exposition sur l’hospitalité, dans la chapelle d’un ancien couvent marseillais.

♦ Expo à découvrir dans la chapelle néogothique de Chez Marthe (50 rue Savournin, Marseille 1er). Jeudi 29 octobre de 18h à 20h et vendredi 30 octobre de 14h à 18h.

L’art de faire place

© Marcelle

Artiste collagiste et curatrice de l’exposition, Sandrine Kiefer a choisi les artistes et réuni leurs œuvres autour de cinq étapes : dedans/dehors, seuil, clé, maison et gestes d’hospitalité. Photos, peintures, céramiques… Une soixantaine d’œuvres interrogent l’abri, l’exil, la place laissée à l’autre. « C’est un lieu qui respire l’hospitalité », dit-elle. Son invitation réunit artistes reconnus et moins connus. Avec Marie Molina, elle mobilise 120 artistes d’une vingtaine de pays pour une fresque dont chaque pièce, vendue 10 euros, bénéficie intégralement à Chez Marthe.

Des œuvres et des liens

Parmi les artistes, Marie-Françoise de Gantès a aussi remis en état le jardin, devenu lieu de vie et de rencontre des femmes et des enfants. Sa Cabane foyer assemble matériaux récupérés et céramique : « Ça tient debout, bien que ce soit bricolé avec des riens. » Une fragilité qui fait écho aux vies accueillies ici.

Au vernissage, 180 personnes ont poussé la porte. Des œuvres ont trouvé preneur : au moins 25% du prix revient au lieu, parfois la totalité. L’exposition fait entrer de nouveaux publics dans un centre d’hébergement. Et transforme une visite en geste d’hospitalité. Il reste encore demain. Et après-demain. ♦

♦ (re)lire notre article sur la formidable épopée de Chez Marthe.