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Quand le sport aide à mieux recruter
JO de 2024 à Paris et Marseille obligent, un nouveau concept essaime en France : le « job dating sur stade ». Le slogan « Du sport vers l’emploi, ensemble ! » accompagne les manifestations qui se multiplient depuis le coup d’envoi donné en février dernier, à Liévin. Et résume parfaitement la volonté des organisateurs de la Fédération française d’athlétisme et de Pôle emploi. Reste à savoir s’il s’agit d’un nouveau gadget de com’ ou d’un mode de recrutement efficace pour sortir des CV et des entretiens formatés, qui plombent les chances des jeunes des quartiers sensibles à la recherche d’un premier emploi !
Le choix du stade Delort, mitoyen du prestigieux Vélodrome et donc situé au cœur des arrondissements cossus du Sud de Marseille, a de quoi interpeller vue la thématique du projet. À savoir une approche différente des jeunes des quartiers sensibles pour les aider à décrocher un premier emploi. « Vous avez une vision déformée et caricaturale de la réalité ». Élisabeth Moreau, la directrice de l’agence pôle emploi de Pont-de-Vivaux sait de quoi elle parle puisqu’elle enregistre plus de 12 000 demandeurs d’emplois dans son secteur : « Il y a des cités difficiles dans cette partie de la ville aussi ».
Dont acte ! Sur le côté gadget de cette manifestation, Delphine Leignel, directrice régionale de Synergie, entreprise spécialisée dans le recrutement et le travail temporaire, partenaire de la journée, ne se démonte pas plus : « Ce n’est pas un gadget de plus ! Cela permet de mettre l’accent sur des valeurs et la personnalité du demandeur d’emploi. Les épreuves ne sont pas qualificatives en quoi que ce soit. Les chronos n’ont pas d’objet, si ce n’est de permettre d’analyser les attitudes de chacun dans ces groupes de douze ».
Recruteur ou chômeur, impossible de faire la différence sur la piste

Seconde pioche au hasard parmi les participants. Cette fois, c’est bien un demandeur d’emploi. Tony a 23 ans et m’avoue qu’il essaie depuis le début des épreuves de repérer le cadre de Décathlon, enseigne qu’il aimerait rejoindre. Il n’y est pas parvenu. Dans l’après-midi, lors de la phase plus classique des entretiens individuels, en costume-cravate cette fois, il saura qui était qui et si son attitude à convaincu. Je l’ai repéré car il est de ceux qui se sont précipités quand une jeune fille a chuté lourdement au cours d’une épreuve. Réflexe instantané pour trois personnes du groupe seulement. Les autres, manifestement en état de sidération, ont mis du temps à réagir. Cet incident, qui n’était pas au programme, a aussi permis de voir ceux qui prenaient l’initiative comme la mise en position latérale de sécurité de la victime avant l’arrivée d’un des secouristes présents en bord de piste. Plus de peur que de mal, malgré un choc violent à la tête.
Le label « Terres de Jeux »

