« Quitter la vie sans être accompagné, c’est de l’inhumanité »
Des centaines de personnes décèdent chaque année sans que leur corps ne soit réclamé par la famille ou des proches. Pour leur éviter une inhumation dans la solitude, l’association Marseillais Solidaires des Morts Anonymes les accompagne et leur rend un dernier hommage. Une question de dignité et un devoir d’humanité pour sa dizaine de bénévoles.
Hidaya* avait 68 ans quand elle est décédée le 6 octobre, à l’hôpital Saint-Joseph de Marseille. Quatorze jours plus tard, son corps n’avait toujours pas été réclamé. Ce délai enjoint la municipalité à programmer et financer les obsèques. Et voit entrer en action les bénévoles de l’association Marseillais Solidaires des Morts Anonymes. Ils disposent alors généralement des trois à quatre jours précédant la date d’inhumation pour retisser le fil de la vie du défunt et lui offrir des funérailles dignes. « Quitter la vie sans être accompagné, c’est de l’inhumanité », souffle Bérangère Grisoni, présidente de ce collectif comptant une dizaine de bénévoles et plusieurs structures similaires ailleurs en France (lire bonus).
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Travail de fourmi

On sait d’Hidaya qu’elle a été aide-soignante en région parisienne avant de s’installer dans la cité phocéenne. Elle n’avait plus de liens avec sa famille, ni guère de contacts avec l’extérieur, si ce n’est une voisine et un infirmier qui passaient régulièrement chez elle. Des bribes de vie glanées par Bérangère après un minutieux travail de fourmi.
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