CultureÉducation

Par Marie Le Marois, le 27 mai 2026

Journaliste

Au Mucem, un micro-collège accueille les ados en souffrance

Mucem - 2024 - Architectes Rudy Ricciotti et Roland Carta © Maxime Verret - Mucem

En France, une centaine de Structures de Retour à l’École (SRE) permettent à des jeunes déscolarisés de renouer avec l’apprentissage. Habituellement intégrées dans des collèges ou lycées publics, elles peuvent aussi prendre une forme inédite : à Marseille, le Mucem accueille pour la deuxième année consécutive une salle de classe, où une douzaine de collégiens souffrant de troubles psychiques suivent un enseignement adapté. Fruit d’un partenariat entre le musée, le rectorat et une clinique psychiatrique, ce projet pilote est un succès. Et pourrait inspirer d’autres institutions culturelles.

Le Mucem, c’est d’abord un bâtiment emblématique de Marseille, vêtu de dentelle de béton. Puis une passerelle arienne qui le relie au fort Saint-Jean et ses jardins. Au rez-de-chaussée de ce monument historique, la direction du musée a troqué une salle d’exposition contre une structure singulière. Une école sans grille, sans cours de récréation, ni cantine. C’est ici qu’étudie Clémence*. La jeune fille volubile et rieuse était, deux mois avant d’intégrer le micro-collège, incapable de sortir de chez elle. « J’avais des crises d’angoisse, peur des autres », lâche-t-elle, la tête dissimulée par sa capuche. « Venir ici m’a redonné une routine, car avant je ne faisais rien, je restais dans ma chambre, c’était trop triste ».

Non loin d’elle, Inès*, tee-shirt rose et cils XXL, abonde : « C’est dur de se lever le matin quand on est mal mentalement. Je restais des jours chez moi, tellement j’étais angoissée ».

« En forme pour sortir de leur chambre, mais pas assez pour intégrer une microstructure dans un collège » 

Une passerelle relie les deux parties du Mucem @Marcelle

Cette structure éducative compte, cette année, neuf élèves de 13 à 16 ans, de la cinquième à la troisième, originaires de Marseille, La Ciotat, Aubagne, et même Nice. Ils ne sont pas adressés au Mucem par l’Éducation nationale, mais par la Clinique des Trois Cyprès, sur prescription médicale. Clémence y est hospitalisée à plein temps, tandis que « les autres sont en HDJ (Hospitalisation de jour NDLR) », précise la jeune fille de 15 ans, à l’aise avec le vocabulaire psychiatrie. « Beaucoup souffrent de problèmes de harcèlement auxquels s’accrochent d’autres difficultés, notamment sociales », indique Nelly Odin, assise à l’un des bureaux. La chargée de développement scolaire et coordinatrice de la microstructure résume leur situation : « Ils sont suffisamment en forme pour sortir de leur chambre, mais pas assez pour intégrer une microstructure classique ».

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