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Comment débusquer les talents entrepreneuriaux des cités ?
Make The Choice, un programme de l’Union patronale des Bouches-du-Rhône, aide 100 jeunes à concrétiser un projet d’entreprise à l’occasion d’une compétition inspirée du programme télé de recherche de talents musicaux. La saison 2 est en route. Je m’y suis impliqué.
Quand l’organisatrice de cette deuxième édition du concours d’entrepreneuriat des quartiers m’a demandé si je pouvais venir animer un atelier sur le pitch (présentation synthétique et convaincante d’un projet – ndlr), je n’ai pas hésité une seconde. Pas seulement parce qu’il était flatteur de travailler pour l’occasion en binôme avec Jean Galabru, qui dirige l’école d’acting créée par son père ; c’est surtout que ce programme conçu sur un mode ludique par l’Union Patronale des Bouches-du-Rhône (UPE13) a montré son efficacité pour aider les jeunes sans diplômes et sans réseau issus des quartiers défavorisés, à réaliser leur rêve : se mettre à leur compte.
À mon âge, je me découvre une passion pour la transmission des savoirs et j’ai monté l’an passé le concours Éloquentia Marseille, une formation d’un nouveau genre à la prise de parole en public.
Identifier et valoriser les compétences des jeunes

100 participants et autant de parrains
L’opération a débuté le 1er février avec l’appui d’une trentaine de structures d’aide à la création d’entreprise. Dans un premier temps, les porteurs de projet ont été invités à présenter leur idée devant la caméra de leur smartphone et à publier leur vidéo sur une plateforme partagée. Le public a voté, et les 100 candidats retenus ont chacun pu choisir leur coach personnel parmi un panel d’autant d’entrepreneurs et consultants volontaires, venus défendre leur capacité à les conduire à la victoire. Un mandat leur a été consenti pour marquer leur engagement. Chacun doit fournir au minimum deux heures hebdomadaires de son temps à son poulain. « On est tous investis au-delà, tant cette mission solidaire et ambitieuse est prenante », témoigne Yves Fajherazzi, directeur de la Seramm, l’entité marseillaise du groupe Suez. Coach d’un jeune pour la deuxième année consécutive, il a fait connaissance avec Quentin, qui rêve d’ouvrir un lieu ludique réunissant escape games, jeux vidéo et jeux de société.
Une immersion à Thecamp

Ce n’est pas tout. « Nous saisissons toutes les opportunités de décloisonner les mondes », explique Johan Bencinvenga. L’an passé, plusieurs candidats ont par exemple été invités à participer aux universités d’été du Medef et l’un d’eux, Nicolas Garcin, a remporté le prix Frédéric Chevallier HighCo pour son projet d’algorithme Insity qui doit permettre de centraliser et de géolocaliser l’information culturelle des villes. Certains ont également sauté les étapes pour rejoindre la business nurserie de Kedge Business School, quand d’autres, des filles retenues pour la qualité de leur projet et leur personnalité d’entrepreneures, ont gagné les rangs des Premières du Sud, dont Angèle, 28 ans, porteuse du projet de couture équitable Fildream. « Ce que nous faisons, explique encore Johan Bencinvenga, c’est révéler des talents et mettre au service de leur parcours toutes les forces entrepreneuriales disponibles ».
« Réconcilier les quartiers sensibles avec la ville »
