AménagementEnvironnement

Par la rédaction, le 27 février 2026

Entre 2020 et 2026, des municipalités ont innové #1

Durable, l'école Simone Veil de Rosny-sous-Bois @Marcelle

[municipal’idées] Environnement, solidarité, aménagements, alimentation, mobilités… Petit tour d’horizon et retour sur des initiatives repérées par Marcelle puis ayant fait l’objet de reportages en Alsace, Provence, Île-de-France ou en Aveyron.

DANS LE HAUT-RHIN, UNE COMMUNE SE CHAUFFE AU MISCANTHUS

Depuis l’appel que nous lui avions passé début 2024 pour cet article, le maire de Bernwiller, Patrick Baur, continue d’œuvrer pour que le miscanthus soit un moyen de chauffage pour ses habitants.

Actuellement, ce sont environ 23 hectares de terrains qui sont destinés à la culture de cette plante, ce qui a représenté une récolte (entre septembre et février) d’environ 300 tonnes brutes sur l’année 2025. « Plusieurs agriculteurs souhaitent s’investir en ce sens cette année et nous prévoyons d’ajouter environ 4 hectares de miscanthus », précise la mairie.

Le miscanthus, chauffage écolo d'une commune alsacienne 1
En fleur @France Miscanthus

En 2024 déjà, tous les bâtiments communaux (écoles, salle communale, logements communaux, église) étaient chauffés au miscanthus. Et une quinzaine d’habitations privées étaient également branchées sur le réseau de la chaufferie. En 2026, ce sont une cinquantaine de maisons privées qui en bénéficient sur la commune déléguée d’Ammertzwiller et une dizaine sur celle de Bernwiller.

Si cette plante graminée est la plupart du temps utilisée pour le paillage (elle retient bien l’humidité grâce aux vertus absorbantes de ses fibres) et pour la purification de l’eau contre le nitrate, le miscanthus a fait ses preuves comme alternative aux granulés de bois pour le chauffage quotidien. 

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L’ARROSAGE INTELLIGENT DES PARCS MUNICIPAUX

Les espaces verts sont les poumons des villes, mais à l’heure des restrictions d’eau, il est urgent de repenser leur irrigation. GreenCityzen, société marseillaise fondée en 2015, a mis au point un système d’arrosage connecté directement aux besoins hydriques de la plante.

L’arrosage intelligent, c’est quoi ? D’un côté, des sondes enterrées à environ à 10 centimètres de profondeur dans les racines des végétaux qui détectent leur taux d’humidité. Et de l’autre, des boîtiers connectés équipés de contrôleurs de vannes. Avant chaque arrosage programmé, ils interrogent la sonde via la plateforme digitale pour savoir si la plante a besoin d’eau. Et appliquent ou non le planning décidé lors de leur installation. Si son taux est stable, l’arrosage ne se déclenche pas.

La seconde détection effectuée par l’entreprise concerne les fuites d’eau, la plupart du temps « invisibles à l’œil nu ». Elles résultent des camions qui abîment le système en roulant dessus et surtout « du vandalisme » l’été lorsque « des gens, pour ne pas être arrosés, shootent dans l’arroseur alors sorti de terre ». Les agents des espaces verts peuvent observer via l’application si le débit d’eau de tel compteur est anormalement élevé. Et couper le réseau d’eau à distance.

Avec GreenCityzen, les plantes commandent leur consommation d’eau 1
Mesures de septembre à novembre à 2023 sur l’application GreenCityzen : arrosage en bleu, absence d’arrosage en vert et fuite d’eau en orange. @Marcelle

Cette innovation, dupliquée dans une trentaine de villes françaises et autant de pays, permet de préserver les végétaux et de faire des économies d’eau. Quatre collectivités territoriales y recourent pour leurs parcs : Toulouse et sa métropole (22 hectares), Martigues (35 hectares), Marseille (48 hectares) et Istres (22 hectares).

À l’échelle de Marseille, les économies d’eau sont évaluées à deux millions d’euros par an et sans doute plus. Le niveau de performance est en effet supérieur aux objectifs 2024-2025. « Nous avons récemment eu un entretien avec le directeur général adjoint de la ville. Il a constaté une réduction de 60% des factures d’eau sur les parcs équipés », se réjouit Alexandre Boudonne, un des trois cofondateurs.

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UNE ÉCOLE PRIMAIRE 100% ÉCOLO, EN TERRE ET BOIS

Rosny-sous-Bois est une ville de Seine-Saint-Denis en pleine croissance. La municipalité doit, par conséquent, sortir de terre une école primaire par an. Pour construire des bâtiments plus durables, plus sains et moins énergivores, elle a choisi de privilégier les matériaux naturels, tels paille, bois et terre. De surcroît sourcés localement, en Île-de-France. Ainsi de l’école Simone Veil qui accueille plus de 350 élèves dans ses 3000 m2 depuis septembre 2021.

Le plus frappant en pénétrant dans l’école est la température. Elle est curieusement fraîche, alors que l’extérieur avoisine les 30°. Cette climatisation naturelle « ne dépassera jamais les 25°C de tout l’été », assure Vincent, architecte chargé de mission à la direction Recherche et Innovation de Rosny-sous-Bois.

Ce bâtiment est le quatrième projet de ce type conçu par la mairie DVD – diverses droites. Tous ont été réalisés avec des matériaux naturels, des fabrications locales et des procédés innovants.

L’école, qui dispose de 3383 m2 sur trois niveaux (élémentaire en haut, maternelle en bas), a nécessité 5000 bottes de paille. Ces tiges dorées proviennent d’une ferme d’Île-de-France en agriculture biologique. Elles servent à la fois de matériau de remplissage dans l’ossature bois et d’isolant. Et offrent de nombreux avantages. La paille est en effet peu coûteuse, peu énergivore lors de sa production et durable : la construction la plus ancienne, la maison Feuillette à Montargis dans le Loiret, a 103 ans. Enfin, elle est performante contre les nuisances phoniques (le cri des enfants est absorbé) et thermiques : terminée la déperdition d’énergie. Un gain par ailleurs amplifié par la ventilation naturelle de l’air grâce à un judicieux procédé de tours à vent, de flux sortant et entrant, et d’échangeurs caloriques.

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À PLAN-DE-CUQUES, LA MAIRIE CULTIVE DES LEGUMES POUR SES CANTINES

Pour assurer l’approvisionnement de ses cantines en légumes locaux, de saison et bio, cette mairie des Bouches-du-Rhône a créé une régie agricole. À savoir un potager cultivé par un agent spécialement formé. Une initiative pas si évidente à déployer, qui séduit nombre de communes à travers la France.

Chou rave, blette, salade batavia, courges… Ces légumes poussent de part et d’autre du potager municipal de Plan-de-Cuques. Cette bourgade de quelque 11 000 habitants, frontalière du nord-est de Marseille, est entrée de plain-pied dans un de ses projets phares : la création d’une régie agricole. Cette exploitation maraîchère de 5 000 m² – pour le moment – et ses plants ont pris place sur la « dernière plaine disponible de la commune », précise Jeff Becker, responsable du pôle Cadre de Vie à la mairie. Un espace sur lequel la précédente municipalité ambitionnait de construire un centre aquatique. « Y installer une activité agricole a été une promesse de campagne du maire. Pour revenir aux racines plan-de-cuquoises tout en respectant les objectifs de la loi EGAlim », ajoute-t-il. Conformément à celle-ci, les menus des cantines des établissements publics doivent comporter au moins 50% de produits « durables et de qualité », depuis le 1er janvier 2022. Dont un minima de bio à hauteur de 20%.

Une mairie cultive ses propres légumes pour ses cantines 1
À terme, le potager fera 3 hectares  © Agathe Perrier

Les légumes sont livrés moins d’un kilomètre plus loin, à la cuisine centrale de Plan-de-Cuques. Là, une équipe de cinq personnes a pour mission de produire quelque 1 000 repas chaque jour de la semaine. La quasi-totalité va aux cantines des huit écoles de la commune. « On a reçu des betteraves la semaine dernière que l’on a servies fraîches en salade. On pourrait les cuisiner en gratin, mais avec les enfants, je ne préfère pas m’y aventurer », plaisante Clément Nichanian, le chef cuistot. Une soixantaine de repas sont par ailleurs destinés au restaurant municipal, dépendant du centre communal d’action sociale (CCAS), ouvert aux seniors pour le déjeuner. Là, les cuisiniers osent davantage. Ils ont notamment réalisé un gratin avec le vert des blettes récoltées par Émilien Mari. Les élèves en ont d’ailleurs aussi mangé, sans s’en apercevoir, dans une soupe. ♦

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