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Extrem City, un festival pour une ville euphorique et un futur possible

Par Nathania Cahen, le 7 octobre 2023

Journaliste

C’est le festival de la ville, à Marseille. La ville comme entité générique qui englobe 80% de l’humanité. Elle est notre salut si l’on souhaite rendre cette planète habitable. Mais pris par l’urgence, mauvaise conseillère, et une incapacité à changer radicalement de méthode, on fait n’importe quoi. 

 

Les questions

Extrem City, un festival pour une ville euphorique et un futur possible 2La première pourrait être de savoir pourquoi nous appelons ici ville ce qui vient de villa, une sorte de chacun pour soi, ce qui partout ailleurs s’appelle cité qui renvoie à citoyen et à une appartenance à une communauté ?

Il faut arrêter de faire de la ville dans un tel déni des réalités climatiques et sociales.

Faire valoir ce qui devrait être la règle et qui a été tellement oublié : à savoir l’intérêt général au profit des quelques intérêts particuliers.

Le festival s’adresse ainsi à tous les publics, avertis ou non, et s’emploie à faire tomber les barrières entre les métiers qui dessinent la ville.

 

 

Les intervenant-e-s

Ainsi, nos invité.e.s viennent de tous les champs disciplinaires possibles car la ville concerne tout le monde. Architectes, urbanistes, artistes, mais aussi élu.es, promoteurs, avocats, économistes, écrivains, etc. Des personnalités représentant les villes jumelées avec Marseille (telles qu’Odessa, Beyrouth, Haïfa, Glasgow, Le Pirée etc.) seront également présentes et viendront nous en conter des histoires extraordinaires et vraies !

À découvrir au moment du festival, une manière de dessiner un commun entre toutes ces villes « sauvages », qui résistent chacune à leur manière à toute tentative d’étouffement par la norme.

 

Les suites du festival La Ville Sauvage en 2022 

Extrem City, un festival pour une ville euphorique et un futur possible 3Il en est ressorti 18 propositions très concrètes, dont on fait des ateliers pour les développer et initier une méthode. Pour trouver des axes pour enfin arrêter d’être aussi con. Ces ateliers, intitulés « ateliers euphoriques » explorent des thématiques telles que « paysaniser l’architecte », « créer le permis d’inventer par la puissance publique » etc. et mettent en commun les paroles de personnalités extrêmement diverses.

Nous avons créé une revue pour qu’elles soient diffusées, L’Architecture Euphorique, avec le soutien du Groupe SOS – Culture et la fondation Jean Jaurès.

 

De l’essaimage au projet de loi
Extrem City, un festival pour une ville euphorique et un futur possible 1
Remettre l’intérêt général au coeur de la réflexion ©DR

Créer une école… je ne sais pas, mais j’ai la naïveté de croire encore que la politique a le pouvoir de rendre le monde meilleur. L’architecture ou l’urbanisme est le cadet de leur souci, ils n’y comprennent rien. Créer une école de formation des élu.es à la ville et à l’architecture serait un besoin fondamental.

On donne des responsabilités immenses à des gens qui, le plus souvent, ne prennent pas même le soin de s’en donner les compétences.
Il existe une somme de travaux et de propositions. Nous souhaitons qu’une ou qu’un élu s’en empare et en fasse un projet de loi. Nous avons une très haute idée de l’architecture, de sa dimension de création et d’intérêt public, et sommes convaincus qu’il s’agit d’un sujet d’intérêt national, d’ailleurs porté par le ministère de la Culture, qui est le premier partenaire du festival.

 

Pas d’architecture exemplaire en France

En France, je ne vois aucune architecture exemplaire. Le mode de commande l’en empêche ou alors il s’agit de petites initiatives privées sans moyen de se faire connaître.

Il y a bien plus de conscience chez certains particuliers qui doivent composer avec le réel et se battent pour construire bas carbone ou biosources que chez n’importe quel promoteur pour qui le profit personnel passe toujours avant le bien commun.

C’est sans doute en relevant ces constructions où l’échelle humaine prend le pas sur le produit financier que l’on trouvera des clés.

 

 

Les temps forts de cette édition

Pourquoi voudriez-vous qu’il y ait des temps faibles ?

Des invité.e.s prestigieux

Un Banquet extraordinaire

Des Travaux d’étudiants euphorisants

Un spectacle surprenant

 

Un lieu extraordinaire 

Le J zéro, la dernière halle type Eiffel du Grand Port Marseille Fos, le GPMM. C’est une grande première pour le port que d’accueillir une telle manifestation culturelle dans son antre.

Un archi-vœu pour Marseille 

Plus aucune cité dégradée ! ♦