Économie
Les experts-comptables intègrent l’IA
Et si l’expert-comptable pouvait détecter une faillite avant la catastrophe ? Et si l’intelligence artificielle transformait la prévention en outil stratégique ? En 2025, les défaillances d’entreprises se sont montées à près de 70 000 en France, soit +3,5% en un an. À Marseille, à l’occasion d’une journée dédiée à la prévention, experts-comptables, juristes et spécialistes de la data ont travaillé sur l’apport de l’intelligence artificielle pour leurs professions. Le recours à l’IA change en effet la donne en permettant l’accès à la situation de l’entreprise en temps réel.
Plus besoin d’attendre les clôtures de bilan pour découvrir une détérioration des comptes. À terme, les experts-comptables seront en mesure d’expliciter pour leurs clients chefs d’entreprise les fluctuations du marché, les résultats de la concurrence, les difficultés qui vont apparaître au niveau de leur trésorerie. Bref multiplier les données pour leur permettre d’anticiper.
Les statistiques locales donnent une vision précise des difficultés rencontrées dans les différents bassins d’emplois. Au niveau régional, les régions les plus impactées sont les Pays de la Loire (+21% par rapport à 2024), les DOM (+16%) et la Corse (+14%). À l’inverse, Provence-Alpes-Côte d’Azur est la seule région à enregistrer une baisse de ses défaillances en 2025 (-6%). « On a décidé de mettre une journée sur la prévention des risques de faillites eu égard au contexte économique qui s’aggrave », explique Colette Weizman, présidente du comité prévention des difficultés des entreprises de l’Ordre Régional des Experts Comptables Paca (CROEC PACA). L’enjeu pour la profession est d’être en mesure de détecter puis d’intervenir avant qu’il ne soit trop tard pour sauver les entreprises en difficulté.
Un nouvel outil d’anticipation

« Ces journées ne visent pas à transmettre des connaissances générales, mais à partager des cas concrets, issus du terrain », insiste la professionnelle. Car dans la réalité des cabinets, tout se joue dans un timing très court, mais souvent trop tardif : au moment de l’arrêté des comptes à la fin mars. Des signaux souvent apparaissent bien en amont, mais ils passent sous les radars empêchant de déclencher dans les temps les procédures judiciaires qui peuvent permettre à l’entreprise souvent en défaut de trésorerie d’anticiper et de se mettre sous la protection juridique du tribunal de commerce.
<!–more–>
Abonnez-vous pour lire la suite
Soutenez un média indépendant et accédez à tous nos articles.
- Je lis la totalité des articles de Marcelle,
- Je suis invité aux évènements,
- Je soutiens un journalisme indépendant.