Au fait !

Par Maëva Gardet-Pizzo, le 31 octobre 2026

Journaliste

Le travail d’Alim’Mater consacré par Santé Publique France

Au cœur de l’approche d'Alim'Mater : le rejet de toute forme de culpabilisation. Mais plutôt un accompagnement qui s’appuie sur l’expertise et les connaissances des mères. @DR

[au fait !] Né à Marseille, le modèle d’accompagnement vers une alimentation saine et durable à destination des mamans et futures mamans proposé par l’association Alim’Mater s’impose désormais à l’échelle nationale. Son programme phare, « 1000 jours à croquer », vient d’intégrer le très sélect registre des interventions référencées par Santé Publique France (le Registre des interventions en prévention et promotion de la santé). Une consécration scientifique qui valide l’intérêt d’une démarche expérimentée depuis trois ans sur le terrain.

Le programme a déjà été déployé au travers de 329 ateliers, touchant plus de 1 600 familles au cœur de 14 quartiers. @DR

C’est devenu une évidence: ce qui se joue de la grossesse jusqu’aux trois ans de l’enfant conditionne sa santé d’adulte. Notamment en matière d’alimentation.

En ciblant cette fenêtre de vie, l’association Alim’Mater, créée en 2023 par Clélia Bianchi, combat à leur racine les inégalités alimentaires et de santé. À Marseille, le programme s’est déjà déployé au travers de 329 ateliers. Touchant plus de 1 600 familles au cœur de 14 quartiers, principalement dans les quartiers Nord. Avant d’essaimer vers Martigues, Salon-de-Provence ou Aubagne.

Au cœur de l’approche : le rejet de toute forme de culpabilisation. Mais plutôt un accompagnement qui s’appuie sur l’expertise et les connaissances des mères. « Lorsqu’on fait un atelier de cuisine, on n’arrive jamais avec une recette préétablie, » insiste Clélia Bianchi. « On fait toujours un atelier d’échange d’abord avec les mamans pour discuter de quels sont leurs enjeux, qu’est-ce qu’elles ont envie de faire, quelles sont leurs préoccupations… » Les équipes s’adaptent aux besoins, aux cultures des mères, et traduisent les fiches pratiques pour lever les barrières de la langue.

Mais l’information ne fait pas tout. À Marseille, 25% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté. Il est donc aussi nécessaire d’offrir aux mères de quoi appliquer les conseils. Ce à quoi s’attelle aussi l’association. Notamment grâce à des purées infantiles et biscuits fournis par l’association anti-gaspillage Cantina. « On essaie de maintenir au maximum un niveau de libre choix. Ce qui est bon pour nous ne l’est pas forcément pour elles, par rapport à ce qu’elles aiment cuisiner. À ce que leurs enfants aiment ».


Des résultats scientifiques plébiscités

L’équipe d’Alim’Mater au complet lors de sa restitution annuelle de résultats @MGP


Une étude d’impact menée en interne avec le comité scientifique de l’association relève une forte satisfaction chez les participantes (4,7/5). L’impression que ces ateliers leur sont utiles (4,91/5). Mieux encore, un sentiment d’apaisement et de déculpabilisation chez ces mères.

Soutenue par l’Assurance Maladie et la CAF, portée par ses outils digitaux -comme son application mobile gratuite téléchargée plus de 7 000 fois- la pépite associative marseillaise passe donc à la vitesse supérieure.

Et la reconnaissance de son programme par Santé publique France devrait permettre à ce modèle d’économie sociale et solidaire sauce marseillaise d’essaimer. Au bénéfice de beaucoup plus de mères, aux quatre coins de la France. « On va mettre Marseille à la carte », sourit la fondatrice dont l’abnégation ne fait définitivement plus de doute. ♦