Environnement

Par Frédérique Hermine, le 29 juillet 2026

Journaliste

Les pontons de La Rochelle, petit miracle de biodiversité

Organismes filtreurs dans le Port des-Minimes©Thierry Guyot

Sous les pontons du port des Minimes, à La Rochelle, se cache un écosystème d’une richesse exceptionnelle : huîtres, ascidies, hippocampes, poissons et oiseaux… Un hotspot de biodiversité exemplaire, révélé par un inventaire qui bouscule les idées reçues sur les espaces portuaires et inspire de nouvelles pratiques pour préserver ce patrimoine vivant.

Sous les 15 kilomètres de pontons du port de plaisance de La Rochelle se cache un monde que la plupart des plaisanciers ignorent. Au-dessus, les voiliers tanguent doucement, les touristes flânent tranquillement. En dessous, une véritable canopée inversée ondule au rythme des marées, enchevêtrement de coquilles, d’algues, d’ascidies (animaux marins de petite taille comme le violet), de crustacés et de poissons qui foisonne en toute discrétion.

Vincent Hamani, docteur en biologie et écologie marine, spécialiste des socio-écosystèmes côtiers © F. Hermine

Le biologiste marin Vincent Hamani s’est passionné pour cet univers inconnu. Son travail de doctorat a profondément changé le regard porté sur le plus grand port de plaisance d’Europe qui s’étend sur 70 hectares et compte plus de 5000 anneaux. Longtemps considéré comme un simple équipement au service de la navigation, il constitue pourtant un véritable écosystème. Cette recherche scientifique de sept années a trouvé son prolongement naturel dans la publication de l’ouvrage, Au-dessous des pontons (lire bonus)

Espèces ingénieures et organismes filtreurs

Le port se soucie de son environnement depuis plus de vingt ans avec un premier inventaire réalisé en 2006. « À l’origine, la recherche portait surtout sur l’envasement, un enjeu économique majeur car les travaux de dragage représentent un budget de 2 millions d’euros par an. Des travaux de modélisation des courants avaient déjà permis de mieux comprendre le phénomène d’envasement, mais cela n’expliquait pas tout. » D’où l’intérêt de se pencher sur les organismes du milieu portuaire vivants pour savoir s’ils pouvaient aussi influencer le comportement des sédiments. <!–more–>

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