Les think-tanks, un recours pour les politiques
Par Olivier Martocq, journaliste
À Marseille, le drame de la rue d’Aubagne a mis en lumière une crise du politique et, à l’opposé, le rôle structurant des associations. Les plus directement impliquées ont démontré leur utilité dans leur champ de compétence. D’autres, par les études et les réflexions qu’elles produisent, permettent d’envisager positivement la ville de demain.
La loi de programmation pour la ville 2015-2020 cible, à Marseille, six territoires urbains prioritaires pour le combat contre l’habitat dégradé. Dont le centre-ville. Elle met en place des conseils citoyens, évoque toutes les questions sociales, d’éducation ou de mixité qui se posent et prévoit 1,46 milliard d’investissements sur 10 ans : 786 millions pour de l’habitat neuf et 680 millions pour la réhabilitation du parc HLM. Force est de constater qu’à plus de la moitié de son exercice, peu des mesures prévues avaient été enclenchées. Présentés comme autant de gestes forts pour répondre à l’urgence, les décisions et financements annoncés par l’État, la Région, le Département, la métropole ou la ville à la suite du drame du 5 novembre s’inscrivent pourtant toutes dans ce cadre. Autrement dit le travail d’analyse et la recherche des financements avaient été faits et bien faits. Ceci explique que gouvernance et recherche d’efficacité se retrouvent aujourd’hui au cœur d’un vaste mouvement citoyen, désireux de bousculer une donne politique locale toujours très centrée sur le clientélisme. Dans une ville ou la page Deferre/Gaudin (1953/2020) se tourne, ces think-tanks pourraient constituer l’ossature d’un renouvellement des personnels et des pratiques politiques.
Marseille et moi : le think-tank
Créé en 2013 avec comme objectif d’élaborer un projet municipal pour Arlette Carlotti, « Marseille et moi » s’est relancé en 2015 pour son propre compte. Le spectre politique se veut large, de LREM au Front de gauche. Ses 100 membres,
essentiellement des intellectuels et des universitaires, se retrouvent autour de débats thématiques. 25 ont déjà été organisés sur des sujets aussi variés que l’avenir du cannabis en France, la vidéosurveillance outil sécuritaire ou de verbalisation, les écoles, état du bâti et des programmes scolaires, quelle politique de santé publique dans une ville polluée par les microparticules, etc… Les invités sont des spécialistes de la question : chercheurs sur les molécules au CNRS et magistrats pour le cannabis. Architecte, sociologue et professeur pour les écoles. Policier et avocat pour la vidéo. Médecins et ingénieurs pour la pollution. Mais l’idée reste de confronter les points de vue plutôt que de se vouloir think-tank d’expertise. Et d’être en mesure de proposer un manifeste pour l’ère marseillaise. « À 15 mois des municipales, il n’y a pas d’alternative crédible », analyse Aldo Bianchi, dentiste de profession, vingt ans de PS au compteur. « La gouvernance marseillaise doit radicalement changer car les partis sont discrédités. Nous sommes prêts à rallier une liste citoyenne large, si possible conduite par une femme ».
Mad Mars : l’act-tank
La démarche de “Mad Mars” est un peu similaire, mais davantage tournée vers l’opérationnel, avec une dimension « act-tank ». Olivia Fortin, porte-parole de ce groupe composé en grande partie d’entrepreneurs, elle-même chef d’entreprise, est une spécialiste de l’organisation. Elle constate la thrombose de la gouvernance d’un appareil municipal dirigé depuis 25 ans par le 
Le Mouvement : le do-tank
Lancé il y a tout juste un an, “Le Mouvement” s’est constitué autour d’un noyau de politiques atterrés par le délitement des partis, singulièrement à Marseille. « Il y a des hommes politiques honnêtes et qui travaillent, c’est la mécanique des appareils qui pollue la démocratie ». Militant socialiste depuis 30 ans, Laurent Lhardit sait de quoi il parle. Chef d’entreprise, expert en stratégie, le président de ce “do-tank” – car il entend réfléchir, mais surtout faire – ne renie pas la politique au sens noble du 
Ensemble pour Marseille : le pol-tank
