Les études d’art à portée des étudiants sourds
L’école des Beaux-Arts de Marseille porte un dispositif unique en France et en Europe qui permet l’accès des personnes sourdes ou malentendantes à ses programmes d’études. En vingt ans d’existence, PiSourd.e a déjà profité à une trentaine d’étudiants et étudiantes, mais reste un « pilote national » puisqu’aucune autre structure ne l’a dupliquée. Pourtant ce dispositif est plus que nécessaire tant l’offre de parcours dans le supérieur demeure pauvre pour les sourds et sourdes.
« Je viens de finir ma troisième année et d’obtenir mon diplôme ! ». Hugo, tout sourire, a de quoi être fier. Cet étudiant des Beaux-Arts de Marseille a validé un diplôme national d’art (DNA), comme ses autres camarades de classe. Malgré une surdité de naissance, il a suivi le même programme, les mêmes cours, les mêmes ateliers que les autres. Et ce, grâce à la présence d’interprètes en français/langue des signes (LSF). Ces derniers « couvrent autant que possible les moments scolaires comme ceux de la vie étudiante et interviennent dans le cadre du dispositif PiSourd.e », explique celle qui en est la coordinatrice.
Franca Trovato a fait partie de l’équipe qui a développé ce programme il y a vingt ans tout juste, sous l’initiative de Daniel Résal, artiste enseignant dans l’établissement aujourd’hui à la retraite. « Tout est parti de la réflexion qu’il n’y avait pas d’étudiants sourds dans les écoles d’art, alors que les arts visuels sont appropriés à leur enseignement », ajoute la responsable. Ils sont une petite trentaine à l’avoir intégré ces deux dernières décennies. Preuve que l’inclusion est possible, bien que non dénuée de difficultés.
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