Économie

Par Elsa COLLOBERT, le 7 octobre 2026

10 ans, l’âge de raison pour les supermarchés coopératifs et participatifs

« Le supermarché dont tu es le héros » à Lille, un supermarché « différent » à Marseille, « le supermarché (…) dont les membres sont les seul·e·s propriétaires, décisionnaires et client·e·s » à Montpellier… Le modèle des supermarchés coopératifs et participatifs a essaimé en France depuis dix ans. Regard dans le rétro et esquisse des perspectives d’avenir avec Clotilde Grassart, maîtresse de conférences en sciences économiques à l’Université de Lille, et Maxime Thoueille, salarié et cofondateur du magasin La Cagette à Montpellier, suite à l’Intercoop réunie les 19 et 20 septembre à Marseille.

La Louve est le premier supermarché coopératif et participatif de France et même d’Europe à avoir ouvert, fin 2016, à Paris. « Cette terminologie, ‘supermarché coopératif et participatif’ est importante », souligne Clotilde Grassart, qui a étudié ce modèle de distribution pour les besoins de sa thèse en socioéconomie, soutenue en 2024. Une traduction de ce que fait, aux États-Unis, la Park Slope Food Coop, premier magasin du genre, ouvert en 1973 à Brooklyn : « Un projet français qui s’est inscrit dans les pas de ce modèle, qui a beaucoup plu et fait parler de lui ».

Ouvert à Paris en 2016, La Louve est le premier supermarché coopératif et participatif européen ; il s’inspire de la Park Slope Food Coop, première du genre ouverte à Brooklyn, en 1973. © DR
Ouvert à Paris en 2016, La Louve est le premier supermarché coopératif et participatif européen ; il s’inspire de la Park Slope Food Coop, première du genre ouverte à Brooklyn, en 1973. © DR

♦ Lire aussi l’article Mon supermarché a 1100 patrons !

Un modèle alternatif

Derrière l’ouverture de chacun de ces magasins, il y a « un projet politique, une logique peut-être pas anticapitaliste, mais à tout le moins a-capitaliste : ces structures commerciales cherchent la rentabilité, pas le profit ». Une marge unique de 20 % est ainsi affichée par Super Cafoutch à Marseille, « en opposition au principe de discrimination tarifaire dans la grande distribution, appliquée en fonction de la valeur ajoutée, de la concurrence et de la ‘popularité’ des produits », énumère Clotilde Grassart. Une logique non-lucrative, s’opposant à celle, actionnariale, de la grande distribution développée au 20e siècle… Mais dont ils reprennent toutefois la stratégie : « Disposer de tout sous le même toit, profondeur et largueur de gamme, de l’alimentaire mais aussi des produits ménagers, des ustensiles de cuisine, etc. »

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