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Une fondation d’entreprise dédiée aux sans abris
ONET : les quatre lettres sont bien connues, le sigle identifié, on sait que c’est un géant du service qui compte 75 000 salariés. Mais on ignore souvent qu’une fondation du même nom a été créée en 2011 pour soulager, un peu, ceux qui n’ont pas de toit.

« Je parlais incidemment d’un des gardiens que je trouvais sympathique à son chef d’agence. Ce dernier me raconte alors que le gardien en question dort depuis des mois dans sa voiture. Faute de caution il lui était impossible de décrocher un appartement. Cela m’a fait l’effet d’un électrochoc. Vous savez que cela existe, que des gens dorment dehors. Mais quand quelqu’un que vous appréciez est concerné, c’est différent. Ne pas avoir de toit sur la tête me paraît inconcevable ». C’est Élisabeth Coquet-Reynier qui parle. La Présidente de la Holding Reinier, qui chapeaute Onet, le major de la propreté et des services dans l’Hexagone, se souvient : « C’était en 2011. Depuis longtemps on parlait de créer une fondation, de servir une cause, mais sans jamais aller au bout de l’idée. Cette fois, le pas a été franchi. »
S’il y eu quelques échanges avec les salariés (ils sont 500 sur le site du siège marseillais), c’est elle qui a choisi la cause : « L’humain en général, les défavorisés et sans-abris en particulier. Avec un double but : accompagner ceux qui sont mal ou pas logés. Puis motiver les collaborateurs de l’entreprise autour de valeurs communes, hors contexte professionnel. Sans obligation ».

Le premier axe retenu est la réhabilitation de lieux d’accueil ou d’hébergement. Avec un budget annuel de l’ordre de 50 000 euros, abondé par les différentes sociétés du groupe. À 
Un camion-douche offert à la ville de Marseille

Aujourd’hui la réflexion s’oriente vers la création d’une bagagerie pour les sans-abris. « Nous avons listé leurs besoins. Un boulot, de quoi faire sa toilette, cela suppose un bagage ou un baluchon, auquel accéder facilement mais qu’il faut aussi pouvoir entreposer ». Un ensemble composé de 80 casiers devrait ainsi être aménagé dans l’enceinte de l’Armée du Salut, rue Félix Pyat, à la Belle-de-Mai.
Une fondation, pas un faire-valoir

La suite ? « Mon rêve serait de financer du logement, réaliser une résidence pour les sans-abris. Du concret toujours. Pour cela il faudrait trouver des partenaires. Mais une fondation c’est plus compliqué qu’une entreprise, ça ne marche pas avec des clients, ce ne sont pas les mêmes outils pour la faire grandir… » Et puis la présidente a un autre dada, l’environnement. Elle se réjouit que Marseille accueille l’an prochain le Congrès mondial de la nature de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature). En interne, Onet s’efforce de multiplier les gestes verts avec la collecte de déchets, le tri sélectif et des produits de nettoyage les plus neutres possible, à 60% non chimiques. Un brevet a même été déposé pour doser les quantités et éviter le gaspillage. « Nous faisons tout ce qu’il est possible de faire et nous espérons que cet événement aura un impact sur le microcosme métropolitain ». ♦
Bonus
- Le sport est aussi un domaine où ONET s’investit : l’entreprise est partenaire de l’association Maryse pour la vie qui milite pour le don d’organes.
- Onet est une très vieille maison marseillaise, à la trajectoire originale. Créée au milieu du 19e siècle par Hippolyte Format, c’était tout d’abord une petite société de manutention portuaire. La propreté est devenue l’activité majeure après la 2e Guerre mondiale, en 1959, sous le nom d’Office nouveau du nettoyage… Aujourd’hui le groupe emploie 75 000 salariés répartis dans 8 branches-métiers : propreté et services, logistique, services aéroportuaires, technologies, sécurité, accueil et intérim. Il compte des filiales dans le monde entier depuis 1968, année de la première implantation en Suisse. Élisabeth Coquet-Reinier est la 6e génération aux manettes d’Onet.
- À l’automne nous vous avions parlé d’une autre fondation d’entreprise, celle de CIS, versée dans l’accompagnement professionnel de jeunes sans moyens.