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Les confidences d’une librairie centenaire et en bonne santé
Quand chaque jour ou presque une librairie met la clé sous la porte, la librairie Maupetit fête son centenaire à Marseille. Quels sont les ressorts de sa longévité ?

Une librairie sauvée par Actes Sud

Trois générations de Maupetit vont se succéder. Victor prendra la suite d’Ernest, avant de passer le flambeau à Jean-Marc. Au décès de ce dernier, en 1988, la librairie connaît une décennie de flottement, plusieurs fois rachetée avant qu’Actes Sud ne s’y intéresse. Une bonne fortune pour l’enseigne dont le développement et la renommée vont s’amplifier. Il y a eu recapitalisation, « des comptes renfloués et assainis, un nouveau rapport avec les banquiers », sourit Damien Bouticourt. Et les commandes des collections éditées par la maison arlésienne, très appréciées ici, bénéficient d’une remise.
Une librairie militante au cœur du Marseille populaire
La librairie Maupetit est la dernière de cette artère autrefois prestigieuse. Ses confrères Flammarion, Laffitte ou Tacussel (en 1989) ont baissé le rideau ou déménagé. C’est pour cette raison, entre autres, que la direction a participé à la fronde pour le prix unique du livre, avec le comité créé par Jérôme Lindon, le patron des Éditions de Minuit, et couronné par la loi Lang en 1981.

Alentour, un frémissement se fait sentir. Il y a le théâtre du Gymnase un peu plus bas, et son vieux rêve de fédérer un petit quartier latin (lire article). L’ancien cinéma UGC Capitole est devenu un CROUSS, Naturalia et un Monop’ ont ouvert. « S’ils s’implantent ici, c’est que les études de marché disent que le secteur est intéressant. Un cinéma doit aussi remplacer l’ancienne mairie de secteur. Cela donne un pôle d’enseignes attractif. C’est long mais les choses bougent », se félicite Damien Bouticourt.
Une librairie qui se consolide

Une librairie festive
Pour le centenaire, des rendez-vous et des événements livresques jalonnent cette année, avec trois grandes périodes thématiques : créer, partager (en ce moment), s’engager. Les prochains rendez-vous sont des lecture
Bonus
- La dernier état des lieux de l’agence régionale du livre en Provence Alpes Côte d’Azur date de 2017. Ce qu’il en ressort : La répartition des librairies sur le territoire est globalement stable, excepté une légère baisse dans le département des Alpes de Haute-Provence et une hausse continue dans le Var (+ 6 % depuis 2015 et 26 % depuis 2011). On compte une librairie indépendante pour 30 200 habitants, ce qui correspond à la moyenne nationale (une librairie indépendante pour 32 300 habitants – étude Les libraires en région, Fill 2016). Les deux départements les mieux pourvus en nombre de librairies par habitant sont les Alpes de Haute-Provence et les Hautes-Alpes.
- Depuis 2016, 16 librairies ont été créées – la moitié dans les Bouches-du-Rhône, 3 à Arles et 3 à Nice. Mais 10 ont cessé leur activité (dont la moitié dans les Bouches-du-Rhône). Entre 2007 et 2017, on déplore 99 fermetures pour 74 créations, soit 1,3 fermeture pour une création. La tendance s’inverse cependant depuis 2016, avec des ouvertures 1,6 fois plus nombreuses que les fermetures.
- Par projection, le CA et le nombre d’ETP estimés pour les librairies de la région équivalent à 105 millions d’euros et 596 équivalents temps plein.