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En cas de décrochage, utiliser l’escalier de secours
Que faire quand on a entre 18 et 25 ans, pas le moindre diplôme et zéro qualification ? L’École de la 2e chance propose une formule éprouvée qui mixe pédagogie, alternance et insertion. Ce bagage a permis à 60% des 7 800 jeunes passés par là de décrocher un sésame pour l’emploi ou une formation qualifiante.
Marseille a servi de labo et accueilli en 1997 le premier des 124 sites “École de la 2e chance” existants. En feuilletant la plaquette éditée pour les 20 ans de l’E2C Marseille, des visages se succèdent. Au total, 20 portraits et autant de sauvetages, de rédemptions. Charlotte qui avait décroché au lycée est animatrice et médiatrice sociale depuis 8 ans. Boumediene, qui galérait de mission d’intérim en mission d’intérim est éducateur sportif spécialisé et pratique la boxe en compétition depuis 15 ans. Martin qui vivait dans la rue est agent de propreté au Mucem. Quentin qui était sorti du circuit en 2nde a passé son bac, suivi une double-licence puis intégré Sciences-po. Iman est plongée dans des études de médecine. Michaëlla est chauffeur-livreur, Ana elle est vendeuse. Yvan dirige aujourd’hui le club de sports de combat Team Sorel… Et on pourrait rajouter des centaines de pages car E2C voit passer quelque 850 “stagiaires” entre ses murs chaque année. Qui vont s’en sortir à plus de 60%.

En langage codé, ils sont des NEETs, un acronyme anglais pour “Neither in education, nor in employment or training” (ni étudiant, ni employé, ni en formation). Ils ont des parcours singuliers, tortueux, parfois douloureux. Souvent, ils ont déserté les salles de classe avant la 4e. Avec, pour tous, la même pierre d’achoppement : aucun sésame pour accéder à la vie professionnelle. Ce que leur propose l’E2C ? « Une formation tremplin vers l’insertion. Remettre le jeune en confiance, renforcer ses bases, lui donner les prérequis d’une insertion professionnelle », résume Sonia Ciccione, la directrice générale. Entre autres compétences inculquées, des indispensables comme le savoir-être et le savoir-faire.
Une pédagogie originale


2 000 entreprises impliquées


En appui, cheville ouvrière du système, le partenariat avec quelques 2 000 entreprises du territoire (Nexity est la dernière à s’être engagée sur du partenariat pluriannuel) en date) permet de proposer des stages, des contrats, du conseil et du coaching. Ce n’est pas trop quand on sait que certains jeunes effectuent jusqu’à sept stages et alternances pendant leur parcours. Et qu’un second site, baptisé “E2C Marseille Romain Rolland”, sera ouvert au printemps dans l’ancienne école du quartier La Pauline, dans le 9e arrondissement de Marseille… Une preuve de l’efficacité du concept !
Écolo et formateur, l’atelier de mobilier en carton recyclé
Parmi les projets pédagogiques, celui de Pascal Marullaz, formateur en calcul et raisonnement, nous a 
Des ressources insoupçonnées
Outre sa pédagogie décalée, l’E2C, réserve d’autres surprises. Saviez-vous qu’un pendule de Foucault s’y trouve ? Qu’un mur d’escalade occupe un pan du hall d’accueil ? Qu’il y a une salle de musculation ? Que les locaux se trouvent dans les anciens abattoirs de Marseille, un site de quatre hectares et demi avec 10 000 m² de bâti réhabilités et coiffés d’une verrière par l’architecte Philippe Reby ? Réservez une table au restaurant pédagogique O2Sens, ce sera une belle occasion de découvrir ce lieu à part. ♦
Bonus
- L’E2C Marseille en chiffres : 7 800 stagiaires depuis l’origine (790 en 2017 et 850 en 2018), 2 000 entreprises partenaires, 120 métiers, 60% de rebond avec un accès à l’emploi ou une formation qualifiante, 250 000 heures de formation annuelles. Et déjà deux antennes à Marseille, dans les quartiers de Montolieu (2e) et des Marronniers (9e), et une autre à Miramas.
- Le témoignage de Johnny Varela-Mendes, 24 ans, passé par l’E2C en 2017 : « Je suis
allé à l’école jusqu’en 3e puis j’ai commencé un CAP cuisine que je n’ai pas terminé car j’ai été viré du restaurant où j’étais en stage. Les années suivantes, je n’ai rien fait et privilégié les activités qui me plaisaient, le hip-hop et la musique. Quand j’ai entendu parler de l’E2C, j’ai fait un dossier et j’ai été pris. Au bout de quelques semaines, j’étais stagiaire au self puis j’ai fait des stages dans des restaurants d’entreprise. L’E2C, c’est des petits trucs qui sont en fait des grands trucs : des formateurs qui prennent le temps, le partage avec les autres stagiaires qui ont des histoires et des origines différentes. Chacun avait quelque chose à donner. La mission locale m’a ensuite envoyé à l’école hôtelière de Bonneveine où j’ai passé mon CAP cuisine. Aujourd’hui je suis commis chez Urban Kitchen. Je fais beaucoup de pâtisserie, ça me plaît et j’aimerais passer le CAP dans quelque temps. »
- Tout l’historique et la genèse de l’E2C Marseille sont détaillés sur le site de l’école
- Des besoins : des entreprises à même de proposer des stages et des alternances ou de soutenir le dispositif par le versement de la taxe d’apprentissage.

allé à l’école jusqu’en 3e puis j’ai commencé un CAP cuisine que je n’ai pas terminé car j’ai été viré du restaurant où j’étais en stage. Les années suivantes, je n’ai rien fait et privilégié les activités qui me plaisaient, le hip-hop et la musique. Quand j’ai entendu parler de l’E2C, j’ai fait un dossier et j’ai été pris. Au bout de quelques semaines, j’étais stagiaire au self puis j’ai fait des stages dans des restaurants d’entreprise. L’E2C, c’est des petits trucs qui sont en fait des grands trucs : des formateurs qui prennent le temps, le partage avec les autres stagiaires qui ont des histoires et des origines différentes. Chacun avait quelque chose à donner. La mission locale m’a ensuite envoyé à l’école hôtelière de Bonneveine où j’ai passé mon CAP cuisine. Aujourd’hui je suis commis chez