ÉconomieEnvironnement

Par Nathania Cahen, le 14 juillet 2025

Journaliste

Je recycle, tu surcycles, ils valorisent…

Un banc conçu avec de vieux pare-chocs © Pixabay

[au fait !] Vous n’imaginez pas toujours ce que l’on peut faire avec la peau des thons, les bouteilles de verre abandonnées dans la nature, de veilles cordes d’escalade ou des cadres de fenêtres plus vraiment étanches… Pourtant, aux quatre coins de la France, s’épanouit un florilège de solutions mixant ingéniosité, anti-gaspi, recherche & développement et visant à remettre en circulation tous ces matériaux. Sous une forme… ou une autre. Voilà le fil rouge qui va relier tous les articles que vous lirez sur Marcelle dès demain et jusqu’à fin juillet.

C’est l’occasion rêvée de remettre à jour votre lexique ! Réemploi, réutilisation, recyclage, surcyclage (ou upcycling), de quoi parle-t-on ? La terminologie est liée au statut et à l’usage de l’objet réemployé ou réutilisé.

Le réemploi permet à des biens, qui ne sont pas des déchets, de servir à nouveau. Sans qu’il n’y ait de modification de leur usage initial : une porte reste une porte.

La réutilisation permet à un déchet d’être utilisé à nouveau en détournant éventuellement son usage initial : une porte devient une table.

Dans le recyclage (ou valorisation), la matière première d’un déchet est utilisée pour fabriquer un nouvel objet : une porte devient du bois à brûler. Cela passe par collecter, trier, traiter et transformer les déchets en nouveaux matériaux.

Enfin, le surcyclage consiste à (re)donner une nouvelle vie et plus de valeur à un objet. Avec un usage souvent très différent de celui de sa « première vie », souvent plus esthétique : une porte devient partie d’une installation artistique

Quelques chiffres

# Sur le réemploi. D’après le bilan réemploi des emballages de l’ADEME, 2,4 milliards d’emballages réemployés de tous types confondus ont circulé sur le marché en France en 2023. Cela correspondant à un taux de réemploi de 2,22%. On trouve des informations complémentaires sur le site de L’Observatoire national du réemploi.

# Sur le recyclage. La France s’est fixée comme objectif de porter le taux de recyclage des déchets non minéraux non dangereux à 55% en 2020 et 65% en 2025. En 2020, 43% de ces déchets avaient été recyclés. Ils sont 46% en 2022, ce qui ne permet toujours pas d’atteindre la cible. Parallèlement, 32% des déchets dangereux et 55% des déchets minéraux ont été recyclés.

Donc, tous déchets confondus, le taux de recyclage est de 52% (recyclage matière et organique), contre 48% en 2010.

# Sur la valorisation des déchets des bâtiments en particulier. L’Ademe estime que les déchets non dangereux sont actuellement valorisés à hauteur de 69%. 29% utilisés en remblaiement de carrière. 38% recyclés. Et 2% valorisés énergétiquement. Le taux de valorisation matières des déchets du bâtiment est ainsi de 67%, proche de l’objectif réglementaire de 70% pour 2020 fixé pour l’ensemble de la filière BTP (article L.541-1 du Code de l’environnement).

Citeo et Adelphe ont dressé un panorama de l’impact citoyen en matière d’éco conception, de réemploi et de recyclage. Cela parfait le tableau. ♦