Solidarité

Par Nathania Cahen, le 21 juin 2026

Journaliste

Marseille sociale et solidaire en fête

Bureau de Marseille Sociale et Solidaire : Kamel Guémari, Sabrina Zerdani, Maëva Gardet-Pizzo, Sahouda Maallem et Lomta Pornaye © DR

Notre consœur et pigiste de Marcelle, la journaliste Maëva Gardet-Pizzo a relevé voilà une année un sacré défi : créer et faire vivre Marseille Sociale et Solidaire, un média qui met en lumière les structures de l’ESS sur les réseaux sociaux.

Quelle est la genèse de ton média numérique Marseille Sociale et Solidaire ?

J’ai créé Marseille Sociale et Solidaire en 2025, après sept années comme journaliste économique à La Tribune et cinq chez Marcelle (mais ça, ça continue). Pendant cette période, je me suis prise de passion pour l’économie sociale et solidaire. Cette économie permet à la fois de répondre aux besoins essentiels, de réduire les inégalités, de créer du lien social, tout en veillant au respect des limites planétaires. Chez Marcelle on le sait bien, puisque bon nombre de nos reportages parlent de structures appartenant à cette économie.

Mais suite au changement d’actionnaire chez La Tribune, on m’a soudain demandé d’arrêter de parler d’ESS. C’était impossible pour moi, car ça aurait été perdre tout sentiment d’utilité. J’ai donc lancé Marseille Sociale et Solidaire en parallèle de mon poste et comme le projet a très vite suscité un fort enthousiasme, je suis partie pour pouvoir m’y consacrer pleinement. Le média existe exclusivement sur les réseaux sociaux (Instagram, Tiktok, Facebook, Youtube), car j’avais envie de m’adresser aussi à des publics qui ne lisent pas forcément la presse écrite.

Maëva Gardet-Pizzo © DR
Quelle en est la forme ?

J’ai assez vite choisi la forme associative (plus facile à mettre en place qu’une forme coopérative). J’ai souhaité m’entourer de personnes engagées dans l’ESS, c’est ainsi que j’ai choisi Sahouda Maallem (13 A’tipik) comme présidente, Kamel Guémari (L’Après M) comme président d’honneur, Lomta Pornaye (Tous Réfugiés) comme trésorier et Sabrina Zerdani  (professeure d’éco gestion au lycée le Chatelier très engagée auprès des structures ESS) comme secrétaire. Nous avons depuis peu ouvert la possibilité d’adhérer et comptons déjà une trentaine d’adhérents. Nous avons aussi un premier mécène qui a soutenu le média dès le début de la création de l’association : La Solimut.

À nos côtés, il y a une petite dizaine de bénévoles actifs : le bureau, mais aussi des vidéastes et photographes, ainsi que plusieurs personnes qui vont nous prêter main forte pour le Festival (de la logistique à l’animation) et nous accueillons régulièrement des stagiaires. Et pour cet événement, un bel éventail de partenaires – Macif, La Main d’Hanaa, Maif, Urgenci, Clay, la Mairie des 13 et 14e arrondissements et Lieux Publics.

Pourquoi avoir choisi un format vidéo ?

Ce sont des contenus d’une à trois minutes adaptés aux “réseaux sociaux”, qui prennent la forme de reportages vidéos auprès des structures de l’ESS. De la banque coopérative à la mutuelle en passant par l’association de quartier, nous racontons le fonctionnement de ces structures ou de certaines de leurs initiatives, leur impact, les difficultés qu’elles rencontrent.

Nous proposons aussi des portraits de personnes qui y sont engagées (salariés, fondateurs, bénévoles, bénéficiaires …). Et tous les vendredis, un ou une Marseillaise partage son coup de cœur pour une association locale : c’est le crush solidaire. Nous couvrons exclusivement Marseille et sa périphérie immédiate de temps en temps, à raison de quatre vidéos par semaine.

Quels seront le principe et les moments forts de ce rendez-vous ?

On avait envie de marquer le coup avec un événement qui donnerait à voir physiquement ce qui s’est passé pendant un an sur les réseaux sociaux. Où l’on pourrait, en un coup d’œil, percevoir toute la richesse de l’ESS locale (c’est l’objet du village d’associations qui comptera environ 35 structures, chacune proposant une animation). Mais aussi aborder les difficultés et défis auxquels elle fait face (on en parlera dans les neuf tables rondes prévues et sur la radio libre des associations qui se tiendra de 16h à 18h à l’intérieur du restaurant).

Grâce au média : plusieurs structures se sont découvertes, certaines ont commencé à coopérer : on a envie d’amplifier cette dynamique le jour du Festival.

On veut aussi que cet événement soit un énorme coup de projecteur sur les structures participantes grâce à la présence de partenaires, du grand public et une forte communication. Avec les réseaux sociaux, on fait le pari de mutualiser la visibilité, c’est le cas aussi de cette journée.

Enfin, on tient à offrir un moment de reconnaissance à toutes les structures ESS, et notamment les associations qui sont font face à des enjeux de plus en plus importants avec toujours moins de moyens, et une visibilité souvent faible. Pour cela, nous avons mis en place des Marseille Sociale et Solidaire Awards, déclinés en six catégories, pour lesquels plus de 1600 personnes ont voté.

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Mercredi, tu fêtes ce premier anniversaire à l’Après M, pourquoi là ?

Parce que c’est un partenaire important du média : son président Kamel Guémari est notre président d’honneur et nous avons co-réalisé une émission mensuelle tout au long de l’année. L’Après M incarne la manière dont l’ESS permet aux salariés et aux habitants de reprendre le pouvoir sur un outil de travail et d’en détourner la finalité : d’une quête sans limite de profit, on passe à un modèle économique où l’argent sert un projet coopératif social et environnemental, profondément ancré à son territoire.

De plus il se situe dans les quartiers nord, qui subissent une image négative alors qu’ils sont un terreau extrêmement fertile d’initiatives sociales et solidaires. Faire cet événement ici était une évidence. ♦

⇒ Mercredi 25 juin de 15h à 21h. L’Après M, 214 chemin de Sainte Marthe, 14e