La France compte près de 33 000 captages d’eau potable, dont environ un millier classés prioritaires, car touchés par des pollutions diffuses – nitrates et pesticides en tête. Selon une étude de l’Agence de l’eau Seine-Normandie, protéger la ressource en amont coûte 3,2 fois moins cher que la dépolluer. Reportage sur le principal site de captages de Hyères (Var), qui bénéfice d’une protection avec des actions préventives.
La bande de terre, coincée entre une zone militaire et la route de Nice à Hyères, passerait presque inaperçue sans ses sept cubes verts, espacés de quelques mètres. C’est ici que se cache le site du Père Éternel, qui alimente principalement en eau potable cette commune de 50 000 habitants. Dans cet espace sécurisé, sept forages puisent l’eau brute dans la nappe souterraine du Gapeau. « L’eau pompée est ensuite envoyée dans une canalisation vers l’usine du Père Éternel, où elle est traitée avant d’être distribuée dans le réseau communal », détaille Anne Wunderlich, responsable d’exploitation chez Suez, qui gère l’eau pour la métropole Toulon Provence Méditerranée (TPM), tout en montrant le mécanisme.
La nappe connectée au fleuve Gapeau

Cette masse d’eau souterraine est alimentée par les précipitations, mais surtout par le Gapeau. Le fleuve côtier qui coule à quelques mètres et auquel elle est directement connectée. « L’eau s’infiltre à l’intérieur de la nappe via les substrats géologiques poreux », poursuit Anne Wunderlich.
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