Selon la Société française de médecine d’urgence, près d’un tiers des défibrillateurs automatisés externes disponibles dans l’Hexagone seraient en réalité hors service. Faute de suivi et de maintenance. Pour y remédier, Citycare commercialise des abonnements incluant le matériel. L’entreprise connecte les appareils, les surveille à distance et en assure la maintenance.
Chaque année en France, 40 000 personnes sont victimes d’un arrêt cardiaque, fatal dans 93% des cas, selon la Fédération française de cardiologie. Le taux de survie y est 4 à 5 fois plus faible que dans les pays où la population est mieux formée aux gestes qui sauvent et où les lieux publics sont davantage équipés de défibrillateurs automatisés externes (DAE). Ce dispositif médical doté d’électrodes à poser sur le thorax de la victime guide celui ou celle qui pratique le massage cardiaque et peut délivrer un choc si nécessaire. Son utilisation accroît significativement les chances de survie.
D’où des mesures pour développer le nombre d’appareils et l’obligation, depuis 2020, pour plusieurs catégories d’établissement recevant du public (ERP), d’en installer. Seulement, aucun texte ne leur impose de les entretenir et de les tester régulièrement. Selon la Société française de médecine d’urgence, près d’un tiers des DAE disponibles seraient ainsi hors service. Ce qui crée « un faux sentiment de sécurité », souligne Guillaume Fornas, qui dirige Citycare. Cette PME implantée à Venelles, près d’Aix-en-Provence, propose justement des forfaits de location et d’entretien de défibrillateurs.
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Une formule rendue possible par les technologies, toujours plus performantes, permettant de suivre les appareils à distance. Créée en 2013 par Patrick Fornas, le père de Guillaume, Citycare a été parmi les premières à identifier le besoin de maintenance et à proposer des défibrillateurs connectés pour détecter une panne ex-situ. À la tête d’un parc de près de 3 000 appareils en 2016, Patrick Fornas échangeait en effet en permanence avec ses clients. Et il a constaté qu’environ un tiers d’entre eux ne vérifiait pas l’état des appareils.
La connectivité, une garantie

Citycare a alors intégré des émetteurs basse fréquence à ses DAE en 2017. Puis en 2020 des émetteurs GSM et 4G fonctionnant même hors zone Wi-Fi. Grâce à eux, non seulement il est possible de savoir si l’appareil dysfonctionne, mais aussi de déterminer quel composant bugue ou encore de connaître la température de la batterie, le taux d’humidité, et même de récupérer la bande son de ce qui s’est passé autour du défibrillateur. Une avancée fondamentale pour assurer un suivi permanent et garantir la disponibilité, mais aussi la conformité des DAE. Tout en simplifiant leur gestion pour les entreprises et les collectivités.
« Sur tous les défibrillateurs, des autotests ponctuels sont programmés et enregistrés, mais grâce à la connectivité, la supervision est continue et l’alerte immédiate dans le cas d’un dysfonctionnement », précise Guillaume Fornas, qui insiste : « La connectivité n’est pas un gadget, elle répond à un besoin très concret : garantir que le matériel fonctionne le jour où il est nécessaire. Le défibrillateur ne doit pas être un simple équipement accroché au mur : il doit être opérationnel à tout moment.»
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Un suivi permanent
La formule d’abonnement a séduit des entreprises comme Carrefour, Auchan, Intermarché, Volkswagen, Decathlon, Burger King ou encore Engie. Également des collectivités, parmi lesquelles les communes de Cavaillon dans le Vaucluse ou des Baux-de-Provence, dans les Bouches-du-Rhône. La société met à disposition un défibrillateur piloté à distance et effectue sa maintenance pour environ 100 euros par mois. En cas de détection d’une anomalie, l’abonné renvoie le DAE au siège social, à Venelles, tandis d’un défibrillateur lui est transmis en remplacement. « On a 300 appareils en stock, livrables en 24 heures, précise le dirigeant. On peut répondre à une grosse commande comme à des défaillances. ». Changement de batterie, remplacement des électrodes, réparation d’une panne… Tout est fait sur ce site.
Un enjeu de santé publique

Et juridiquement, en prenant en charge le suivi et la maintenance, Citycare devient responsable de toute défaillance. Un argument de poids. Cela dit, l’objectif principal de Guillaume Fornas n’est pas tant d’effrayer que de convaincre. « Installer un défibrillateur est un acte sociétal, de santé publique, insiste-t-il, fier d’avoir reçu la reconnaissance de la French Care. Nos 10 500 DAE en location sauvent vingt vies par an.” D’ailleurs, 70% de ses clients actuels se sont abonnés par conviction et non par obligation.
96% d’entre eux se disent satisfaits, selon l’entreprise, mais seulement 65% reconduisent leur abonnement. Un taux trop bas pour Guillaume Fornas, qui explique vouloir passer de huit commerciaux à une quinzaine. Avec des postes à venir à Marseille, Lyon, Bordeaux et Clermont-Ferrand. En plus de ceux déjà créés à Nice, Toulouse, Paris, Montélimar, Nancy, Vannes, Nantes ou encore Metz. Pour favoriser le suivi, cette fois, de la clientèle, qu’il ambitionne d’augmenter. Citycare mise pour cela sur l’innovation, encore et toujours. En projet : un défibrillateur connecté miniature, que l’on pourrait par exemple emmener dans un sac pour un footing. Et des modèles moins coûteux, notamment pour les particuliers. ♦