ÉconomieEnvironnement

Par Elisa Castel, le 21 avril 2026

Journaliste

SunLib démocratise le photovoltaïque grâce à la location

La start-up SunLib finance, installe et entretient les centrales photovoltaïques que ses abonnés ont souhaité déployer sans investir. © Pexels

Installer des panneaux photovoltaïques pour diminuer son empreinte carbone et sa facture d’électricité peut paraître complexe, technique et surtout très coûteux. Que l’on soit une collectivité, une entreprise ou, à plus forte raison, un particulier. C’est pour cette raison que SunLib, entreprise à mission implantée à Venelles, près d’Aix-en-Provence, propose de s’abonner pour pouvoir utiliser les centrales qu’elle finance, installe et entretient. La start-up, qui a déjà séduit 500 usagers, vise les 5 000 en 2026 et les 100 000 en 2030.

S’éloigner du nucléaire pour tendre vers une production d’électricité plus durable et une consommation moins coûteuse, c’est tout l’enjeu de l’exploitation de l’énergie solaire. Mais elle reste peu développée en France. En 2024, année record, elle représentait 4,6% de la production d’électricité selon RTE, le gestionnaire du transport d’électricité. C’est moins que l’éolien (8,7%) et l’hydraulique (13,9%), et très loin du nucléaire (67,1%) mais c’est en progression de 10% par rapport à 2023. Et si de grands parcs photovoltaïques poussent dans les champs, non sans réticences des habitants, des panneaux viennent aussi couvrir les toits des particuliers, très enclins à verdir leurs pratiques et alléger leur facture.

Seulement une installation solaire, c’est technique, et c’est un investissement : 10 000 euros en moyenne pour du résidentiel et environ 30 000 euros pour les plus grandes. Deux freins que la start-up SunLib, dont le siège est à Venelles près d’Aix-en-Provence, s’efforce de lever. Comment ? Grâce à l’abonnement.

<!–more–>

♦ Lire aussi l’article Solar Brother invente le chauffage solaire… sans électricité ni gaz

Démocratiser les centrales photovoltaïques

Cofondateur et président de la start-up Sunlib, Arnaud Langlois défend une « mission sociétale ».
Cofondateur et président de la start-up Sunlib, Arnaud Langlois défend une « mission sociétale ». © Poly

Une solution qu’Arnaud Langlois, son président et cofondateur, a ramenée de l’étranger, où il a longtemps travaillé pour un fonds qui soutenait la durabilité. « J’ai voulu investir dans ce type de société en rentrant en France et j’ai découvert qu’il n’y en avait pas, sourit-il. Il n’y avait rien pour permettre de véritablement démocratiser l’énergie solaire, aucune offre de service sophistiquée.

Il a donc créé SunLib en 2024, avec trois amis, pour proposer « le solaire comme un service » et permettre aux utilisateurs de ne plus être propriétaires de leur installation, mais simples usagers. « Comme pour une voiture en location longue durée, mais sur 25 ans. Nous proposons de la LLD de centrales photovoltaïques », illustre-t-il, soucieux d’« envoyer un message d’accessibilité », notamment à tous ceux qui n’ont pas d’apport.

Un positionnement social donc, en plus d’être environnemental, qui est inscrit dans les statuts de cette entreprise à mission depuis sa création. « J’avais envie de faire du business, mais avec la bonne éthique », insiste-t-il, avant de partager sa vision entrepreneuriale très engagée : « On se substitue à l’État pour accélérer la transition énergétique. Nous, sphère privée, finançons l’autoconsommation. On a un rôle sociétal. »

♦ Lire aussi l’article Le solaire à concentration : la solution d’Alto Solution pour décarboner l’industrie

500 abonnés en 2025

La majorité des clients sont des particuliers, mêmeais si les entreprises ont plus de poids dans le chiffre d’affaires.
La majorité des clients sont des particuliers, même si les entreprises ont plus de poids dans le chiffre d’affaires. © DR

Cette offre a convaincu plus de 500 clients, en majorité des particuliers, même si les entreprises ont plus de poids dans le chiffre d’affaires. La moitié a choisi de s’engager sur 10 à 15 ans, l’autre moitié sur 20 à 25 ans. « On a connu une très forte accélération de l’activité ces derniers mois, se réjouit Arnaud Langlois, et on est très actifs auprès des collectivités, qui sont un marché naissant pour nous. Nous avons signé deux contrats importants avec des établissements de santé. » « D’une manière générale, il y a encore beaucoup de territoires à conquérir, prolonge-t-il. Notre réseau de 300 installateurs distributeurs partenaires croît tous les mois, mais il y en a 500 000 en France, on n’a pas encore parlé avec tout le monde. »

100 000 installations visées en 2030

Sunlib ambitionne de déployer 5 000 à 7 000 installations en 2026.
SunLib ambitionne de déployer 5 000 à 7 000 installations en 2026. © Pexels

Reste à pouvoir suivre la cadence. Car ce modèle nécessite beaucoup de capital, puisque SunLib finance les installations avant de percevoir les « loyers ». Lancée avec 900 000 euros, la société a rapidement levé plus de deux millions d’euros pour pouvoir financer « quelques dizaines voire centaines » de sites, et elle accélère en levant 25 millions d’euros mais aussi en empruntant, pour atteindre 5 000 à 7 000 installations déployées en 2026. Puis 100 000 abonnés à l’horizon 2030… Soit au moins un milliard d’euros à mobiliser. « Nous avons un appétit de déploiement très élevé, assume le dirigeant, nous devons accélérer chaque année. »

D’autant que SunLib veut aussi élargir son offre en proposant à ses clients une batterie physique permettant de stocker l’électricité produite, des pompes à chaleur ou encore des bornes de recharge. Toujours sur le principe de l’abonnement. ♦