EnvironnementSanté

Par Nathania Cahen, le 21 juillet 2026

Journaliste

Surchauffe urbaine : « Il faut combiner les solutions »

Bâtiments, chaussées et matériaux foncés emmagasinent la chaleur pendant la journée © Unsplash

Les vagues de chaleur se multiplient, s’intensifient et s’installent plus longtemps. Face à cette nouvelle réalité climatique, les collectivités n’ont plus d’autre choix que d’adapter leurs villes. Végétalisation, matériaux adéquats, gestion de l’eau, nouveaux usages de l’espace public… : Élodie Briche, phD géographe-climatologue, coordinatrice R&D Urbanisme durable et référente nationale “surchauffe urbaine et rafraîchissement urbain” à l’ADEME, détaille les solutions déjà à l’œuvre et celles qu’il devient urgent de déployer.

Les trois épisodes caniculaires que nous venons de vivre donnent-ils une idée du climat qui nous attend ?

Élodie Briche, phD géographe-climatologue à l’ADEME ©DR

Oui. Nous ne sommes plus dans une hypothèse théorique. Nous vivons de plus en plus les conséquences du changement climatique. Ce que nous observons aujourd’hui correspond très clairement à ce que les scientifiques du GIEC (lire bonus) annoncent avec de hautes certitudes depuis plus de dix ans. Les vagues de chaleur deviennent plus fréquentes, plus longues et plus intenses. À Marseille, par exemple, les températures enregistrées ces dernières semaines dépassent des records historiques. À Marignane, la température de l’air observée a atteint 40,5 °C le 8 juillet, une valeur jamais observée jusque-là (le dernier record était de 39,7 degrés en juillet 1983).

Pourquoi les villes souffrent-elles davantage de la chaleur ?

En ville, la température ressentie est encore plus élevée en raison du phénomène d’îlot de chaleur urbain (ICU). Dans certaines conditions météorologiques — un ciel dégagé (peu de nuages), peu de vent — se crée le phénomène d’ICU. La différence de température entre un centre-ville très minéral et ses alentours peut atteindre une dizaine de degrés.

Le phénomène devient particulièrement préoccupant lors des canicules estivales. Les bâtiments, les chaussées et les matériaux foncés emmagasinent alors la chaleur pendant la journée et la restituent durant la nuit. Résultat : les températures ne redescendent plus suffisamment pour permettre au corps humain de récupérer. Ces nuits sont dites chaudes lorsque les températures ne descendent pas en dessous des 20 °C (température minimale de la nuit > à 20 °C) : elles sont observées cet été à certains endroits pendant plusieurs semaines. Les canicules constituent aujourd’hui l’enjeu de santé publique en ville le plus important en Europe.

La différence de température entre un centre-ville très minéral et ses alentours peut atteindre une dizaine de degrés ©Pixabay

Il faut donc rapidement agir, mais aussi s’adapter…

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